LE PROJET DE LOI TRAVAIL ET LES CHEMINOTS

Si certaines communications laissent penser que des ordonnances Macron ne s’appliquent pas aux cheminots, la direction du Groupe Public Ferroviaire (GPF) se montre particulièrement « agile » à en intégrer les principales dispositions, épousant les positions les plus rétrogrades des employeurs, et restaurant ainsi un arbitraire patronal du début du siècle dernier.

Des licenciements plus faciles
et moins contestables…
Sujet récurrent depuis l’émergence du salariat, la
question de la séparation entre le patron et le subordonné
reste ancrée dans le paysage social à la faveur d’un
rapport de forces favorable au premier. L’objectif déclaré
de la présente réforme est de sécuriser le processus
de licenciement pour l’employeur, aux dépens de la
sécurité d’emploi du salarié. L’argument principal est que
faciliter les licenciements favoriserait les embauches ;
un argument jamais démontré par les faits. Une enquête
récente de l’INSEE fait d’ailleurs apparaître que la
principale raison du frein à l’embauche est la faiblesse
des carnets de commande et non le Code du Travail. Sur
ce point, les ordonnances Macron vont très loin. Elles
lèvent toutes les protections et réparations relatives
au licenciement ; réduction massive des montants
d’indemnités par le plafonnement de celles-ci très
partiellement compensé par l’augmentation de 25%
des indemnités légales de licenciement, réduction des
délais de prescription dans le cas d’une saisine des
Prud’hommes (1 an), plus d’obligation de motivation de
la lettre de licenciement. Cette demande de souplesse
est largement portée par les directions d’entreprises,
dont celle du GPF. L’intervention de Guillaume Pépy, lors
du colloque de l’ARAFER du 29 juin dernier, en apporte
une preuve éclatante (voir encadré 1).
De la précarisation
à tous les étages…
Afin de faire supporter les aléas de production aux
seuls salariés, les ordonnances engagent toute une
série « d’innovations sociales » que ne manqueront pas
d’utiliser les directions ferroviaires, notamment celle du
GPF. La possibilité d’allongement des durées de CDD, des
contrats intérim et des périodes d’essai, et de création
de contrats de chantier, à partir d’accords de branche,
entre dans cette catégorie de dispositifs permettant
ce report de risques. Une démarche déjà engagée par
l’UTP, qui représente le patronat du ferroviaire, lors de la
négociation sur la convention collective. Seule la fermeté
de la CGT avait permis à l’époque de faire reculer l’UTP
sur sa demande de création d’un contrat de chantier. Un
dispositif qu’utilisent avec gourmandise les secteurs
de l’industrie, de la construction et de l’ingénierie,
au prétexte de parer aux variations des carnets de
commande. Il s’agit surtout d’excuser l’inconséquence de certains dirigeants quant à leurs décisions stratégiques,
sur lesquelles les ordonnances visent à leur donner de
moins en moins de comptes à rendre. Tous les cheminots,
quelle que soit leur entreprise, qu’ils soient au Statut ou
de droit privé, sont concernés par ces dispositions. En ce
qui concerne la période d’essai, le GPF a déjà une période
plus longue pour les jeunes cadres qui doivent effectuer
un commissionnement de deux ans et demi, soit un an et
demi de plus que les autres catégories de cheminots. Nous
mesurons au quotidien les dérives arbitraires et injustes
de cet allongement, notamment par l’augmentation
des licenciements en fin de commissionnement des
jeunes cadres (au bout parfois de plusieurs années dans
l’entreprise car de nombreux jeunes cumulent stages,
CDD, intérim, alternance avant leur stage d’essai).
L’UFCM-CGT dénonce depuis de nombreuses années cette
injustice mais la direction refuse de nous entendre. Elle
a d’ailleurs réaffirmé son refus lors des discussions sur
les modifications statutaires consécutives à la Loi portant
réforme du ferroviaire, sans que nos partenaires syndicaux
y trouvent à redire. Pour la CGT, cette période d’essai,
imposée aux jeunes cadres, est anormalement longue et
ne respecte pas la convention n°158 de l’Organisation
Internationale du Travail (OIT) ; article qui avait motivé
le rejet juridique du Contrat Nouvelle Embauche (CNE)
en raison justement d’une période d’essai trop longue
prévue dans ce type de contrat. Gageons qu’à la faveur
des ordonnances, l’UTP se saisira de cet état de fait pour
tenter d’en étendre les dispositions à l’ensemble de la
branche, précarisant encore plus les jeunes diplômés
entrant dans le secteur ferroviaire.
Les premières victimes…
Si tous les salariés sont directement concernés par ces
ordonnances, les premières victimes en sont les jeunes
et les femmes. Pour les jeunes, les nouvelles dispositions
vont amplifier et prolonger leurs conditions précaires d’entrée
dans le monde du travail par l’utilisation des contrats
de chantier, et l’allongement des durées de CDD et de
contrats d’intérim. Par ailleurs, ces ordonnances risquent
de générer des conflits intergénérationnels avec des salariés
« âgés », jugés « trop chers », dont la séparation sera
financièrement revue à la baisse, et « budgétisable » par
la prévisibilité des montants d’indemnités à allouer. Faire
partir les séniors pour recruter des jeunes plus malléables
et moins chers c’est maintenant possible. Aujourd’hui,
une entreprise qui licencie dans le cadre d’un plan de
sauvegarde de l’emploi ou d’un plan de départ volontaire
ne peut recourir à l’embauche. Demain avec la rupture
conventionnelle collective, cette obligation disparaît ouvrant
la possibilité d’organiser la rupture conventionnelle
collective pour 50 séniors et dans le même temps recruter
des salariés moins expérimentés pour ainsi faire baisser
sa masse salariale. Pour les femmes, la limitation des
négociations sur l’égalité et la mixité va figer une situation
largement défavorable à nos collègues femmes, et engendrera
une limitation sur les dispositifs mis en place pour
abattre plafonds et parois de verre. L’opacité créée autour
des indicateurs mis en place ces dernières années contribuera
largement à cette politique rétrograde.
Avec ce projet d’ordonnances, c’est toute une architecture
économique et sociale qui est mise en place, qui pèsera
sur leurs conditions de vie et obèrera la construction des
projets de chacun d’entre nous. En l’espèce, le nouveau
Président de la République et sa majorité mettent en
œuvre un projet de transformation sociale à l’opposé de
celui construit par les salariés et les luttes, soutenu et
porté par la CGT. D’où la nécessité pour nos catégories de
débattre et construire des réponses et propositions revendicatives
à la hauteur des enjeux

Des demandes exaucées…
Intervenant lors du colloque de l’ARAFER du 29 juin 2017, Guillaume Pépy fait état de
différences majeures de traitement entre l’opérateur public et ses concurrents privés ;
cotisations retraite de 14% supérieures, fiscalité plus lourde, obligations de service
public non compensées, mais surtout, d’après lui, interdiction de licenciement pour
insuffisance professionnelle. Il y déclare également que le changement d’opérateur
doit entraîner le transfert des personnels affectés au service concédé, tout en
insistant sur le fait que celui-ci ne doit en aucun cas intéresser le management…
Notre Président résume d’ailleurs fort bien lui-même la situation qu’il projette : « Si
on veut de l’équité concurrentielle, il faut faire une adaptation résolue des conditions
d’exploitation de l’opérateur historique en même temps qu’on ouvre à la concurrence ».
Des demandes entendues par les Sénateurs Nègre et Maurey. Dans leur proposition
de Loi permettant l’ouverture à la concurrence des services voyageurs, s’exonérant de
tout débat politique relatif à cette libéralisation et de tout retour d’expérience dans les
secteurs ou pays où celle-ci a eu lieu, les deux parlementaires demandent le transfert
des cheminots volontaires qui assuraient le service, transférés avec leur statut. Ils
ajoutent que s’il n’y a pas suffisamment de volontaires, la direction de l’entreprise
désigne unilatéralement les cheminots transférés. Leur refus entraînera la rupture du
contrat de travail. Une disposition qui doit nous faire prendre la mesure d’une loyauté
exigée par nos directions, mais dont elles s’exonèrent à la première occasion.

Au sujet de la loyauté…
Si l’argument de l’obligation de loyauté du salarié vis-à-vis de son employeur est régulièrement opposé aux premiers et brandi par les directions d’entreprises, celles-ci font généralement peu de cas des obligations qui les concernent.
Car l’employeur est aussi soumis à l’obligation de loyauté vis-à-vis du salarié, dans des conditions établies par la Loi et une importante jurisprudence. Il en est ainsi de ses obligations de loyauté dans l’exécution du contrat de travail, d’adaptation au poste de travail, de maintien des capacités, de santé et de sécurité, de liberté d’expression,
d’habillement, d’opinion, de respect de la dignité… En fait, les ordonnances visent en premier lieu à limiter ou annuler toutes formes de contraintes fixées au donneur d’ordre qui compensent les effets du lien de subordination.
Ces donneurs d’ordres, et de leçons, sont donc mal placés pour nous la donner quand eux-mêmes prennent de sérieuses distances avec le respect de la dignité humaine.

CHEMINOTS : NOS DROITS MENACÉS !

Les cheminots des agences Paie et Famille sont garants et compétents dans la gestion de nos droits, de notre rémunération et de notre situation administrative au sein de l’entreprise.
Pourtant, nos droits et emplois en tant que cheminots sont menacés ! : Digitalisation des Facilités de Circulation, externalisation et digitalisation de la gestion de nos dossiers agents, projets de nouvelles suppressions de postes en Agence Paie et Famille…

Expérimentation sur la gestion téléphonique des cheminots : Serveur AVAYA
La CGT a démontré que pour tenir le serveur téléphonique AVAYA, il fallait du personnel supplémentaire, puisqu’il était impossible de tenir son poste et dans le même temps tenir un serveur téléphonique.
La CGT et les cheminots des APF avaient également fait savoir que l’organisation du travail était bien plus efficace lorsque les gestionnaires géraient leur portefeuille d’agents et étaient en capacité de répondre à leurs collègues directement.
Si la Direction a reconnu l’incompatibilité entre AVAYA et la tenue du poste, elle a pour autant refusé le retour à la gestion téléphonique par portefeuille d’agents.
Elle n’a d’ailleurs pas mis en place l’effectif pour assurer AVAYA, détériorant ainsi les conditions de travail des cheminots de l’APF, la qualité du service rendu et les délais de réponse à l’ensemble des cheminots de l’Entreprise. Les gestionnaires ne veulent pas d’AVAYA !
Réponse de la Direction : Privatisation d’AVAYA et d’une partie des missions des gestionnaires.
Pour la CGT, c’est une attaque contre la pérennité de nos emplois cheminots !
Face au choix de la Direction d’externaliser, la CGT souligne que nous avons l’expertise et les compétences en interne pour ce type de plateforme et que nous savons faire avec des cheminots : Centre Ligne Directe, par exemple.
En termes de moyens humains cheminots, les EIM regorgent de cheminots sans poste.
La CGT exige sans délai la réinternalisation d’AVAYA
Impact des expérimentations et réorganisations successives sur vos droits
Les cheminots des APF ont pu constater à quel point les conditions de travail deviennent de plus en plus difficiles et que la qualité du service rendu et les délais de réponse s’en ressentent.
Les réorganisations, les restructurations opérationnelles ont largement détérioré le travail en lui-même et de fait, la capacité des agents à assurer le meilleur service possible aux cheminots.
La CGT exige des recrutements et des emplois en corrélation avec la charge de travail.
Les projets de la Direction visant à généraliser la spécialisation dans l’organisation de travail (« travail par thème ») n’améliorent en rien la qualité des prestations. Cela est comparable à un conducteur dédié à une ligne et un engin. La répétition est source d’erreur et totalement contraire à la professionnalisation des cheminots.
La CGT dénonce un retour en arrière digne du « travail à la chaîne ».

Fusion d’Agences ou de sites : isolement des cheminots
La Direction déclare qu’Il n’y a pas de fusion d’APF « en cours », ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de projet de fusion, voire de fermeture d’APF. Les orientations de la Direction nationale visant à alléger les frais en termes de patrimoine et de dépenses immobilières pèsent sur l’avenir des petites agences.
Les cheminots sont de moins en moins souvent gérés par des collègues en proximité, l’accueil physique est limité, voire fermé, ce qui rend encore plus compliqué la gestion de tout problème éventuel, que ce soit concernant la fiche de paie ou tout autre sujet personnel majeur.
La CGT exige un retour à la proximité entre les gestionnaires du personnel et leurs collègues cheminots.
Evolution du travail des gestionnaires et de leurs Dirigeants
La baisse des effectifs s’accentue, mais la charge de travail ne faiblit pas ! La Direction Nationale impose une extrême polyvalence et une poly-compétence aux gestionnaires comme aux dirigeants, qui détériorent gravement les conditions de vie et de travail des cheminots des APF tous collèges confondus, engendrant une explosion des RPS. Pour la CGT, le retour à la triple compétence du métier de gestionnaire du personnel doit s’accompagner du volume d’emploi nécessaire pour les collèges exécution, maîtrise et cadre, de manière à respecter les contours métiers et à permettre une organisation du travail efficace.
Les nouveaux outils imposés par la Direction nationale aux APF sont souvent inadaptés et rendent le travail moins précis, plus long, plus compliqué. Ces nouveaux outils entrainent de nouvelles sources d’erreurs et donc un travail supplémentaire de contrôle.
Le travail en APF évolue et exige de plus en plus de nouvelles compétences, mais la reconnaissance professionnelle n’y est pas, que ce soit pour les gestionnaires comme pour leurs Dirigeants.
La CGT demande une étude de requalification des postes tous collèges, en cohérence avec les nouvelles exigences métier. La juste rémunération du travail est un élément d’amélioration des conditions de travail et de fait, d’une meilleure qualité de service.

NIOUZELAITEUR CGT CENTRAUX Bulletin hebdomadaire n° 34 Octobre 2017

POURSUIVONS L’ANCRAGE !

A ce stade, les ordonnances ne sont pas encore force de loi tant qu’elles ne sont pas ratifiées par le parlement. L’heure est donc à l’ancrage des mobilisations dans les entreprises. La CGT a fait des propositions pour un Code du Travail simplifié, mais plus protecteur pour l’ensemble des salariés dans cet environnement socio-économique où les libéraux voudraient passer en force leur projet de régression sociale. Au sein du GPF, la CGT Cheminots fait, depuis le début du processus revendicatif entamé le 12 septembre dernier, le lien entre les sujets professionnels et interprofessionnels : contre les ordonnances du gouvernement et pour de nouveaux droits pour tous les salariés, pour des embauches au statut à la SNCF, pour des augmentations générales des salaires et la réévaluation des pensions, pour l’arrêt des restructurations qui démantèlent notre entreprise et séparent les cheminots des différents services, pour l’amélioration des conditions de travail de tous et pour un dialogue social de qualité.

Il faut donc continuer à travailler l’ancrage de l’action dans l’ensemble de nos chantiers SNCF. Pour l’heure, la Fédération CGT invite les cheminots à s’associer aux manifestations de la fonction publique organisées en territoire le 10 octobre prochain, bien que celles-ci ne constituent pas une suite directe au processus interprofessionnel engagé concernant les ordonnances. En effet, il convient de réaffirmer, par notre solidarité, l’attachement de toutes et de tous à des services publics (hôpitaux, écoles, administrations…) de qualité avec des agents correctement formés, rémunérés et dont les conditions de travail doivent être améliorées.


Pour la direction SNCF : « FRET SNCF doit devenir une entité juridique en dehors de l’EPIC pour favoriser sa recapitalisation. FRET SNCF doit connaître des ruptures organisationnelles pour sortir du financement public … ». Pour la CGT, le développement du Fret SNCF est essentiel à bien des égards. En effet, l’entretien de nombreuses lignes et donc le maintien du trafic voyageurs est intimement lié à celui du Fret. Alors que le réseau capillaire subit un défaut de financement de sa maintenance, le retrait du Fret SNCF condamnerait encore plus vite de nombreuses lignes. Supprimer 3 000 nouveaux emplois et considérer que la filialisation, voire la privatisation du Fret SNCF serait la solution, est une stratégie vouée à l’échec, comme celle de l’ouverture à la concurrence du transport de marchandises par voie ferrée lancée en 2006. (pour en savoir plus voir tract du 18 octobre 2017)

 


Quand il faudra pointer tous les jours à Pole Emploi…

SUPPRESSIONS ET EXTERNALISATIONS DES CAISSES PRINCIPALES !

Suppressions d’emplois et externalisations des caisses principales ; les conséquences du désengagement de l’Etat et de la mauvaise réforme du système ferroviaire n’en finissent plus de résonner dans tous les chantiers.  Lors de la réunion du 11 octobre 2017 (bilatérale CGT/Direction Voyages), la Direction a pour le moins été très claire. Les caisses de Bordeaux, Caen, Nantes, Orléans, Rennes, Toulouse, Nord Ile De France, Paris Austerlitz, Paris Est, Paris Lyon, Paris Montparnasse, Paris Nord, Amiens, Douai, Metz, Strasbourg, Annecy, Dijon, Lyon Perrache, Marseille, Montpellier et Nice, devront selon ses schémas, disparaitre d’ici 2021. Pourtant, depuis 2010, les cheminots des caisses ont subi de nombreuses réorganisations et les effectifs ont déjà fondu de 25%. A court terme, les 174 emplois ETP (Equivalents Temps Plein) des caisses principales sont menacés. D’ailleurs, les suppressions des caisses de Toulouse, Caen et Nice sont, d’ores et déjà, programmées pour le début de l’année 2018 ! La Direction s’est acharnée depuis de nombreuses années à supprimer les guichets des gares et des boutiques. Les files d’attente trop longues et l’absence de guichets en gare ont contraint peu à peu les usagers à se tourner vers le digital (internet et distributeurs automatiques). A présent, la Direction met en avant que les perspectives de baisse des transactions dans les guichets, conséquence directe de sa politique, entrainent une baisse de charge pour les caisses et condamnent leur avenir. Selon les estimations de la Direction, la baisse des transactions aux guichets correspond à la suppression de 70 emplois (ETP). Cet enchainement, suppressions des guichets/suppressions des caisses principales, est orchestré de longue date. D’ailleurs, elle encourage la poursuite de la destruction de la vente physique aussi bien au niveau de l’activité Voyageurs que dans le cadre des négociations autour des conventions TER, et se garde bien de ne pas prendre en compte une évolution des recettes des contrôleurs pour ne pas avoir à revoir son objectif. Pour la CGT, les modes de distribution ne s’opposent pas mais sont complémentaires. Il est donc nécessaire de développer le réseau de distribution physique (guichets et boutiques) afin de répondre aux besoins de tous les usagers.


AGENCES PAIE ET FAMILLE CHEMINOTS : NOS DROITS MENACÉS !

La Direction déclare qu’il n’y a pas de fusion d’APF « en cours », ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de projet de fusion, voire de fermeture d’APF. Les orientations de la Direction nationale visant à alléger les frais en termes de patrimoine et de dépenses immobilières pèsent sur l’avenir des petites agences. Les cheminots sont de moins en moins souvent gérés par des collègues en proximité, l’accueil physique est limité, voire fermé, ce qui rend encore plus compliqué la gestion de tout problème éventuel, que ce soit concernant la fiche de paie ou tout autre sujet personnel majeur. La baisse des effectifs s’accentue, mais la charge de travail ne faiblit pas ! La Direction Nationale impose une extrême polyvalence et une poly-compétence aux gestionnaires comme aux dirigeants, qui détériorent gravement les conditions de vie et de travail des cheminots des APF tous collèges confondus, engendrant une explosion des RPS. Pour la CGT, le retour à la triple compétence du métier de gestionnaire du personnel doit s’accompagner du volume d’emploi nécessaire pour les collèges exécution, maîtrise et cadre, de manière à respecter les contours métiers et à permettre une organisation du travail efficace. Les nouveaux outils imposés par la Direction nationale aux APF sont souvent inadaptés et rendent le travail moins précis, plus long, plus compliqué. Ces nouveaux outils entrainent de nouvelles sources d’erreurs et donc un travail supplémentaire de contrôle. Le travail en APF évolue et exige de plus en plus de nouvelles compétences, mais la reconnaissance professionnelle n’y est pas, que ce soit pour les gestionnaires comme pour leurs Dirigeants. La CGT demande une étude de requalification des postes tous collèges, en cohérence avec les nouvelles exigences métier. La juste rémunération du travail est un élément d’amélioration des conditions de travail et de fait, d’une meilleure qualité de service. (pour en savoir plus voir tract du 17 octobre 2017)


SÉCURITÉ, UN DÉLITEMENT INACCEPTABLE !

Le premier accident a concerné un salarié de l’entreprise ETF qui s’est fait sectionner le pied par son collègue lors d’un chantier de débroussaillage. Le deuxième est survenu en soirée du 10 octobre sur la ligne de Moret à Lyon : le train commercial 5919 Paris Nevers a heurté un engin de travaux d’une entreprise sous-traitante qui se trouvait aux abords de la voie sans avoir reçu les autorisations réglementaires de sécurité. Le conducteur de la pelle s’en est sorti sans trop de dommages apparents et aucun blessé parmi les voyageurs n’est à déplorer. La veille, sur ce même train commercial, un accident a été évité de peu. En l’espace de deux semaines, nous recensons pas moins de 5 incidents ou accidents importants sur notre réseau ferré dont un « déshuntage » sur la « Virgule de Sablé » (le train invisible pour les installations de sécurité). Les évènements graves en termes de sécurité ferroviaire se multiplient depuis de nombreux mois sans que la direction du Groupe Public Ferroviaire ne prenne véritablement la mesure de la gravité de la situation. Après avoir banalisé les retards et les suppressions de trains, la direction de la SNCF banalise l’abaissement du niveau de sécurité au nom de la réduction des coûts avec son lot de suppressions d’emplois et d’externalisations de la production. La réforme du ferroviaire en 2014 qui devait tout réunifier, creuse finalement un peu plus le fossé entre tous les cheminots de la SNCF. Les dirigeants l’ont bien compris : le management, les moyens, les textes et même la philosophie de la sécurité, sont différents d’un EPIC à un autre, d’une activité à une autre et d’une entreprise à une autre.


Maintenant s’il faut être mathématicien pour être député alors…

D.C.I. sur les Accords Sureté/Agressions

Le 04 janvier dernier, nous vous interpellions sur une des conséquences néfastes de la loi du 04 août 2014. Le sujet portait sur les accords régionaux Sûreté ou accords Agressions qui reprenaient le processus de prise en charge des cheminots victimes d’agression, qu’elle soit psychologique, physique, financière. Comme nous vous l’écrivions, l’éclatement en trois entreprises (EPIC) a fait que ces accords, sans qu’ils aient été dénoncés par l’entreprise, n’ont plus cours dans certaines régions et font place à des accords Sûreté EPIC Mobilités au mieux, ou à une absence d’accord, ce qui est encore plus grave. Dans tous les cas, les cheminots des EPIC Réseau et SNCF sont lésés. Comme nous vous l’avons dit, la sûreté ne peut être abordée que de manière transverse. En effet, la prévention des atteintes porte de façon large sur l’environnement global du service du transport. Nous ne pouvons accepter que des cheminots travaillant côte à côte ne soient pas tous traités et considérés de la même façon. De plus, nous ne pouvons accepter de traiter de la sûreté en écartant les cheminots possédant les compétences pour assurer la sûreté des cheminots, des usagers, des infrastructures. Enfin, récemment, suite à l’interpellation unitaire des syndicats sur l’Occitanie, le RH TER écrivait qu’il avait interpellé vos services pour trouver une solution rapide et qui permette de répondre à nos demandes. Notre courrier étant resté sans réponse, ainsi que nos relances, la Fédération CGT des cheminots vous dépose une Demande de Concertation Immédiate, afin que vous mettiez en place au niveau du GPF les dispositions pour créer les conditions d’élaboration d’un accord avec les Fédérations qui le souhaitent, et ensuite le décliner en région afin que tous les cheminots soient traités de la même façon lors d’une agression.


 LE PROJET DE LOI TRAVAIL ET LES CHEMINOTS

Afin de faire supporter les aléas de production aux seuls salariés, les ordonnances engagent toute une série « d’innovations sociales » que ne manqueront pas d’utiliser les directions ferroviaires, notamment celle du GPF. La possibilité d’allongement des durées de CDD, des contrats intérim et des périodes d’essai, et de création de contrats de chantier, à partir d’accords de branche, entrent dans cette catégorie de dispositifs permettant ce report de risques. Lors de la négociation sur la convention collective ferroviaire, seule la fermeté de la CGT avait permis à l’époque de faire reculer l’UTP sur sa demande de création d’un contrat de chantier. Tous les cheminots, quelle que soit leur entreprise, qu’ils soient au Statut ou de droit privé, sont concernés par ces dispositions. En ce qui concerne la période d’essai, le GPF a déjà une période plus longue pour les jeunes cadres qui doivent effectuer un commissionnement de deux ans et demi, soit un an et demi de plus que les autres catégories de cheminots. Nous mesurons au quotidien les dérives arbitraires et injustes de cet allongement, notamment par l’augmentation des licenciements en fin de commissionnement des jeunes cadres (au bout parfois de plusieurs années dans l’entreprise car de nombreux jeunes cumulent stages, CDD, intérim, alternance avant leur stage d’essai). L’UFCM-CGT dénonce depuis de nombreuses années cette injustice mais la direction refuse de nous entendre. Pour la CGT, cette période d’essai, imposée aux jeunes cadres, est anormalement longue et ne respecte pas la convention n°158 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Si tous les salariés sont directement concernés par ces ordonnances, les premières victimes en sont les jeunes et les femmes. Pour les jeunes, les nouvelles dispositions vont amplifier et prolonger leurs conditions précaires d’entrée dans le monde du travail. Par ailleurs, ces ordonnances risquent de générer des conflits intergénérationnels avec des salariés « âgés », jugés « trop chers », dont la séparation sera financièrement revue à la baisse, et « budgétisable » par la prévisibilité des montants d’indemnités de licenciement à allouer. Aujourd’hui, une entreprise qui licencie dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi ou d’un plan de départ volontaire ne peut recourir à l’embauche. Demain avec la rupture conventionnelle collective, cette obligation disparaît ouvrant la possibilité d’organiser la rupture conventionnelle collective pour 50 séniors et dans le même temps recruter des salariés moins expérimentés pour ainsi faire baisser sa masse salariale. Pour les femmes, la limitation des négociations sur l’égalité et la mixité va figer une situation largement défavorable à nos collègues femmes. L’opacité créée autour des indicateurs mis en place ces dernières années contribuera largement à cette politique rétrograde. Avec ce projet d’ordonnances, c’est toute une architecture économique et sociale qui est mise en place, qui pèsera sur leurs conditions de vie et obèrera la construction des projets de chacun d’entre nous. En l’espèce, le nouveau Président de la République et sa majorité mettent en œuvre un projet de transformation sociale à l’opposé de celui construit par les luttes des salariés soutenues par la CGT. D’où la nécessité pour nos catégories de débattre et construire des réponses et propositions revendicatives à la hauteur des enjeux. (pour en savoir plus voir Perspectives Syndicales n° 98)

Nous contacter

Secteur Fédéral des Cheminots des Services Centraux

14, rue Campra

93210 La Plaine St Denis

Tél. SNCF 38 64 14

Notre adresse mail

cgtchem.centraux@laposte.net

Notre site internet :  http://cgt-cheminots-centraux.reference-syndicale.fr/

 

 

 

NIOUZELAITEUR CGT CENTRAUX Bulletin hebdomadaire n° 33 septembre 2017

Le Fond d’Action Sanitaire et Social appartient aux cheminots

Nous avons dû faire face à un dialogue de sourds où le Président Directeur ne prend pas en compte les propositions unanimes des membres de cette com-mission et revenant à chaque fois sur la ligne politique dictée par les diri-geants de l’entreprise. Pour rappel, le FASS était financé par une cotisation de 1,275% jusqu’en 2015 où, unilatéralement, la Direction l’a réduite à 1,1%. Cette cotisation est le salaire socialisé des cheminots qui finance la solidarité. Avec un report à nouveau (fonds de réserve FASS) de plus de 26 millions d’€ à fin d’exercice 2016, pour la première fois en régression de 3 millions d’€, il y a de quoi augmenter le budget prestations, développer les services en proxi-mité et investir dans les structures d’accueil pour nos enfants et pour nos aïeux. C’est justement pour eux que la CGT, rejointe par les autres membres, a réagi et obtenu 700000 € de plus sur le budget 2017, le portant à près de 78 millions d’€. Les lignes comptables concernant les dépenses pour la dépen-dance confirment l’avenir incertain de nos EHPAD et la volonté de vendre des outils d’accueil de l’action sociale. La Direction du FASS annonce l’exter-nalisation de la gestion de l’Indemnité de Garde à Assistante Maternelle (IGAM). Elle prétend démontrer l’incapacité de l’action sociale et du person-nel à effectuer cette tâche! FAUX. La CGT exige le maintien de la maîtrise en interne.
Pour la CGT il suffirait d’une volonté politique de recruter suffisamment, de former le personnel, de revoir l’organisation des procédures et du travail. Cir-culez, y’a rien à voir, le projet d’externaliser la gestion vers une société cotée en bourse est déjà clos! La Direction nous refait sa réponse classique «ce n’est pas notre coeur de métier»! Devant un tel affront, les membres CGT, suivis par tous, ont quitté la séance!
Arrêtons le détournement de notre salaire socialisé au profit des actionnaires!


Dans un contexte où l’unité syndicale est encore à gagner, notre UFR peut se féliciter des échanges que nous avons eu avec les représentants des retraités UNSA – SUD-Rail – CFDT lors de l’inter-UFR du 09 octobre 2017. A l’ordre du jour de cette rencontre : 1) Une proposition de délibération unitaire, sur l’augmentation des pensions, au CA CPRP du 17 octobre ; 2) Les suites à donner à l’audience CPRP du 10 juillet ; 3) La tenue des élections des représentants des retraités au CA de la CPRP en octobre 2018. Ainsi qu’un tour de table sur la situation sociale et politique avec la nécessaire unité syndicale à construire pour renforcer les luttes en cours.


Suivre le bon traitement…

FAIRE DE LA SANTÉ DES CHEMINOTS LA PRIORITÉ !

Un petit calcul s’impose : la Masse Salariale Imposable (MSI) 2016 est de plus de 9 milliards. Sur cette base, cela représente 70 millions de cotisations pour la médecine de soins. La Direction n’utilise que la moitié, soit 35 millions d’euros. L’argument économique de la Direc-tion pour encore fermer des cabinets médicaux, les laboratoires (Marseille, Toulouse) et centres d’imagerie, restreindre les vacations et supprimer du personnel médical SNCF, ne tient donc pas. Notre démonstration suffit à comprendre que l’argent existe, il manque la volonté politique pour mieux répartir les richesses créées par le tra-vail. Et si nos retraités et nos ayants droit pouvaient bénéficier du ré-seau de soins SNCF pris en charge à 100% ?
Il en est de même pour son argument de baisse de charge de travail. En effet, la plupart des logiciels ne peuvent être renseignés sur les actes réellement effectués, les médecins spécialistes peinent à se con-necter avec leur carte. Les chiffres du rapport annuel 2016 sont donc erronés. La Direction en fait un dogme de rentabilité pour libéraliser ou sous-traiter tout ce qui peut l’être dans les services SNCF. Mais que fait-elle alors du reste de notre force de travail ? Sans aucun doute, elle s’en sert pour faire payer aux cheminots la dette et la ré-forme ferroviaire en faisant fi de leur santé et de la médecine intégrée SNCF.
Faute de connaissance de leurs droits, sciemment organisée par la Direction, les cheminots se tournent de plus en plus vers la médecine libérale. Par la non reconnaissance de la juste valeur de leurs di-plômes et un déroulement de carrière qui ne peut satisfaire, les méde-cins généralistes ne sont pas attirés par l’entreprise publique, certains même démissionnent pour créer leur cabinet en secteur libéral avec l’agrément SNCF. Notre santé n’est pas une marchandise. Elle est un droit que chacune et chacun doivent connaître !
Dans ces conditions, la CGT revendique très légitimement de déve-lopper les structures médicales avec du matériel à la pointe du pro-grès, de recruter à statut au cadre permanent le personnel médical afin de couvrir les charges de travail et les rémunérer à leur juste va-leur, de rendre accessibles les consultations aux cheminots retraités et aux ayants droit dans le réseau de soins SNCF avec une prise en charge totale sans avance de frais.


Lettre de la CGT au Premier Mi-nistre sur les assises de la Mobilité

Face à la situation alarmante dans les secteurs des transports où tous les voyants sont au rouge, ces assises arrivent à point nommé. Sauf que vous nous avez informés que ces assises se limiteraient à la mobilité des personnes, ce que nous contestons. Depuis deux ans, il y a une augmentation des émissions de Gaz à Effet de Serre due aux trafics routiers en progression, au détriment du ferroviaire. Pour la CGT, il est inconcevable que le transport des marchandises ne soit pas abordé dans les assises ou alors les objectifs ne sont pas l’intérêt général, la réponse aux besoins et le report modal pour lutter contre le réchauffement climatique. Il y a urgence à sortir de cette concurrence mortifère dans les transports car, face aux enjeux auxquels nous sommes con-frontés et considérant que nous avons besoin de tous les modes de transports, il faut travailler la complémentarité dans un concept multimodal à partir des besoins au service de l’intérêt général posant la place du service public. Un des problèmes auquel ne s’attaque pas le Gouvernementest la diminution de la circulation routière alors que la saturation des réseaux est un phénomène qui prend de l’ampleur. D’où la nécessité, dans ces «Assises de la Mobilité », d’abor-der les sujets de fond permettant de répondre de façon durable au réchauffement climatique. En ce sens, il serait incompréhensible que les organisations syndicales ne soient pas parties prenantes de ces «Assises de la Mobilité » au même titre que les ONG, les entreprises, les élus. (pour en savoir plus voir lettre du 11/09)


Demande d’audience à Ma-dame Sylvie Charles

L’annonce d’un nouveau plan stratégique, de fermetures de triages et le rapport de la Cour des Comptes sur Fret SNCF, sont de nature à inquiéter les cheminots et notre organisation syndicale en termes notamment d’emplois, de développement industriel et de pérennité du transport de marchandises par rail. Alors qu’aucun re-tour d’expérience n’a été effectué après 10 ans d’ouverture à la concurrence du Fret Ferroviaire, la direc-tion du GPF poursuit sa stratégie de casse de l’outil de production, usant d’une intense communication en-vers les cheminots sur le fait que la concurrence dans l’ensemble du transport ferroviaire serait une chance. Les mêmes recettes qu’il y a 10 ans pour le Fret nous sont resservies con-cernant le « voyageurs ». Les résultats de cette stratégie au Fret ont été catastrophiques. A notre sens il est urgent en application du RH 0826 que vous nous receviez en audience afin que vous nous donniez tous les éléments sur la véracité de ces annonces qui, si elles étaient confirmées porte-raient un énième mauvais coup à l’activité de trans-ports ferroviaire de marchandises.


Tous nus et tous bronzés ?

RÉGIME SPÉCIAL ET FACILITÉS DE CIRCULATION

Le régime spécial des cheminots est-il endetté ? Non ! Le régime des cheminots est à l’équilibre. Depuis 1971, deux dispositifs ont été mis en place pour compenser la chute des effectifs de la SNCF. C’est un règlement européen qui imposa aux Etats de l’Union de compenser les charges provoquées par le différentiel démographique aux entreprises de chemins de fer. Le contribuable et le régime général financent-t-ils les droits spécifiques des cheminots ? Non, tous les droits spécifiques sont financés par les cheminots eux-mêmes. Les agents SNCF consacrent une part plus importante de leur salaire à la solidarité intergénérationnelle. Les cotisations sociales sont supérieures (part salariés + employeurs) à celles du régime général. La part des cotisations globales s’élève à hauteur de 79% pour les cheminots du régime spécial contre 68% pour les salariés du régime général. Pourquoi le nombre de cotisants diminue-t-il ? Cette question nous renvoie aux choix politiques des directions de la SNCF. Les premiers adversaires de notre régime spécial sont nos premiers dirigeants qui multiplient les réorganisations et cassent l’emploi à statut. A la SNCF, nous observons la montée de la précarité avec la recrudescence des contrats courts, le recours à l’intérim et à la sous-traitance, par exemple. Les Facilités de Circulation sont-elles un avantage ? Régulièrement, avant chaque élaboration du budget de l’Etat, la cour des comptes stigmatise les cheminots, notamment à travers les facilités de circulation. La direction de la SNCF, soucieuse de donner des gages au gouvernement, voudrait aujourd’hui imposer la suppression des facilités de circulation aux ascendants contre la généralisation des droits « enfants » pour les familles recomposées. Pour la CGT, le chantage qui consiste à opposer les générations est inacceptable. S’il convient de prendre en compte les évolutions de la société et la recomposition des familles, cela ne peut se réaliser au détriment de nos aînés.


FERMETURE DES DATACENTERS, LA DIRECTION N’ASSUME PAS !

Depuis des années, la CGT alerte la Direction sur l’inefficacité et les dysfonc-tionnements des Centres de Services et Tierces Intégrations Applicatives (TIA). Aujourd’hui, la qualité de service et les conditions de travail des chemi-nots ont nettement été dégradées par ce mode de fonctionnement. Malgré un retour d’expérience désastreux, la Direction persiste à dire que ce modèle est bon et va mettre en place de nouvelles TIA là où ça marchait encore bien avec un fonctionnement interne. Une nouvelle fois, cela se fera au détriment des conditions de travail des cheminots et de la qualité de service rendu. Le seul argument avancé pour justifier ces choix repose sur les économies réalisées. Economies que la Direction a bien du mal à justifier auprès des représentants des salariés. Vos élus ont interpellé la Présidente du CE de l’EPIC SNCF afin que leur soient enfin fournis des éléments chiffrés. La CGT exige de la Direc-tion qu’elle rende des comptes sur les choix opérés et notamment l’externalisa-tion comme unique horizon. La réorganisation de e-SNCF vise en fait à nous préparer à la mise en oeuvre de la feuille de route technologique. La SNCF ne peut bien évidemment pas se permettre l’immobilisme et passer à côté de la révolution digitale déjà enclenchée. Mais en l’état, il est difficile de vraiment savoir quel rôle les cheminots tiendront dans cet immense chantier et quels impacts cela aura sur leur emploi et leurs conditions de travail. Certaines fi-liales comme ITnovem prennent de plus en plus de place dans notre orga-nisation. Demain faudra-t-il postuler en filiales pour continuer à exercer son métier ? Depuis le regroupement des équipes de Lille et Lyon dans l’entité Production IT (PIT), la CGT a remonté à plusieurs reprises des écarts de qualification et de déroulement de carrière entre les agents Lillois et leurs homologues Lyonnais. Lors de la DCI, la CGT a souhaité revenir sur ce point pour qu’il soit enfin traité. Pour la Direction, en ce qui concerne les écarts de qualification, le problème se situe à Lyon, et propose ironiquement un nivelle-ment par le bas. Pour la CGT, c’est inacceptable ! La CGT a proposé à la Di-rection de profiter des notations annuelles complémentaires (NAC) d’octobre pour commencer à traiter les cas les plus flagrants. Solution qui ne sera pas retenue…Le Cadre d’Organisation (CO) correspond au nombre de postes nécessaires pour assurer le service. Il est actuellement de 906 postes. Ce CO n’est plus tenu depuis quelques années, notamment à cause des départs en retraite non remplacés. La Direction souhaite donc l’abaisser à 830, soit presque 80 postes de cheminots en moins. Pour la CGT, des missions stratégiques et de la connaissance fonctionnelle ont été transférées à tort vers les centres de services ; tâches qui n’étaient à la base pas prévues dans les contrats avec les CdS (ce qui explique peut-être une partie des dysfonctionnements). Ces 80 postes doivent être conservés afin de renforcer les équipes cheminotes et garder une meilleure maîtrise de notre SI, ainsi que toutes les connaissances fonction-nelles. La CGT réclame des recrutements externes maîtrises et cadres afin de renforcer les DSI et insiste sur la nécessité d’y inclure de jeunes diplômés. (pour en savoir plus voir tract du 30 aout 2017)

Nous contacter
Secteur Fédéral des Cheminots des Services Centraux
14, rue Campra
93210 La Plaine St Denis
Tél. SNCF 38 64 14
Notre adresse mail
cgtchem.centraux@laposte.net
Notre site internet : http://cgt-cheminots-centraux.reference-syndicale.fr/

FERMETURE DES DATACENTERS, LA DIRECTION N’ASSUME PAS !

La CGT a déposé une
Demande de concertation
immédiate au GPF pour
évoquer la situation des
Systèmes d’Information.
Avec l’utilisation toujours
plus grande de solutions
externes, de type Cloud
« as a service » (IaaS,
PaaS, SaaS),
l’externalisation gagne
encore du terrain.
La conséquence directe de
cette politique néfaste est
la fermeture de nos
DataCenters. Mais la
Direction continue de nier
l’évidence et la véracité de
ses propres documents.
Malgré les critiques et
des résultats décevants,
la Direction ne compte pas
remettre en cause ces
modes de fonctionnement,
bien au contraire. Quel
avenir pour les cheminots
dans ce modèle qui ne vise
qu’à supprimer leur
métier ?


CDS – TIA, ÇA NE FONCTIONNE PAS, MAIS ON CONTINUE !

Depuis des années, la CGT alerte la Direction sur l’inefficacité et les dysfonctionnements des Centres de Services et Tierces Intégrations Applicatives (TIA)
mis en place.
Aujourd’hui, la qualité de service et les conditions de travail des cheminots ont nettement été dégradées par ce mode de fonctionnement. Même la Direction le
reconnait à demi-mot aujourd’hui.
Mais malgré ce retour d’expérience désastreux, cette dernière persiste à dire que ce modèle est bon et va mettre en place de nouvelles TIA là où ça marchait encore bien
avec un fonctionnement interne. Une nouvelle fois, cela se fera au détriment des
conditions de travail des cheminots et de la qualité de service rendu.
Le seul argument avancé pour justifier ces choix repose sur les économies réalisées.
Economies que la Direction a bien du mal à justifier auprès des représentants des
salariés.
Aucun chiffre n’a jamais été présenté malgré nos nombreuses demandes, la Direction
se contentant d’affirmations péremptoires.
Depuis des années, nous sommes censés croire sur parole la Direction.
Aussi, vos élus ont interpellé la Présidente du CE de l’EPIC SNCF afin que leur soient
enfin fournis des éléments chiffrés. Ceux-ci seront examinés au cours d’une
Commission Economique. Une expertise économique pourrait être demandée et le
cas échéant, un droit d’alerte économique déposé.
La CGT exige de la Direction qu’elle rende des comptes sur les choix opérés
et notamment l’externalisation comme unique horizon.
TOUJOURS PLUS D’EXTERNALISATION
La réorganisation de e-SNCF vise en fait à nous préparer à la mise en œuvre de la
feuille de route technologique.
La SNCF ne peut bien évidemment pas se permettre l’immobilisme et passer à côté
de la révolution digitale déjà enclenchée. Mais en l’état, il est difficile de vraiment
savoir quel rôle les cheminots tiendront dans cet immense chantier et quels impacts
cela aura sur leur emploi et leurs conditions de travail.
Certaines filiales comme ITnovem prennent de plus en plus de place dans notre organisation.
Demain faudra-t-il postuler en filiales pour continuer à exercer son métier ?
Pour la CGT, les cheminots ne peuvent être les laissés-pour-compte de
cette transformation et les IRP devront être consultées avant la mise en
œuvre de chaque grand chantier pouvant avoir un impact sur les métiers
des cheminots.
ÉCARTS DE DEROULEMENT DE CARRIÈRE ENTRE LILLE ET LYON/PARIS
Depuis le regroupement des équipes de Lille et Lyon dans l’entité Production IT (PIT), la CGT a remonté à plusieurs reprises des écarts de qualification et de déroulement de
carrière entre les agents Lillois et leurs homologues Lyonnais. Toutes les organisations
syndicales avaient déjà interpellé le Directeur Optim’Services à ce sujet lors d’une demande d’audience début 2016. Fin 2017, le problème n’est toujours pas réglé. Lors de la DCI, la CGT a souhaité revenir sur ce point pour qu’il soit enfin traité.

Pour la Direction, en ce qui concerne les écarts de qualification, le problème se situe à Lyon, et propose ironiquement un nivellement par le bas.
Pour la CGT, c’est inacceptable !
Par contre, la Direction reconnait qu’il y a bien un problème en ce qui concerne les déroulements de carrière et recherche une solution afin de le résoudre une bonne fois pour toutes lors du prochain exercice de notations. La CGT a proposé à la Direction de profiter des notations annuelles complémentaires (NAC) d’octobre pour commencer à traiter les cas les plus flagrants et montrer ainsi qu’elle a bien pris en compte notre demande. Solution qui ne sera pas retenue…
La CGT exige des déroulements de carrière homogènes et cohérents pour tous.
EFFECTIFS ET CADRE D’ORGANISATION
Le Cadre d’Organisation (CO) correspond au nombre de postes nécessaires pour assurer le service. Il est actuellement de 906 postes. Ce CO n’est plus tenu depuis quelques années, notamment à cause des départs en retraite non remplacés et de l’externalisation de la charge de travail. La Direction souhaite donc l’abaisser à 830, soit presque 80 postes de cheminots en moins.
Pour la CGT, des missions stratégiques et de la connaissance fonctionnelle ont été transférées à tort vers les centres de services ; tâches qui n’étaient à la base pas prévues dans les contrats avec les CdS (ce qui explique peut-être une partie des dysfonctionnements). Ces 80 postes doivent être conservés afin de renforcer les équipes cheminotes et garder une meilleure maîtrise de notre SI, ainsi que toutes les connaissances fonctionnelles.
La CGT réclame des recrutements externes maîtrises et cadres afin de renforcer les DSI et insiste sur la nécessité d’y inclure de jeunes diplômés.
DATACENTERS, LA FEUILLE DE ROUTE APPARAIT… SUR YAMMER… PUIS DISPARAIT.
La stratégie d’externalisation du SI, conduite depuis plusieurs années par la Direction de la SNCF puis celle du GPF, mène lentement mais sûrement à augmenter le coût de nos Datacenters.
La logique de « comptable borné », qui est celle de nos dirigeants, aboutit fatalement à les inciter à fermer tous nos Datacenters. Mais pour annoncer la fermeture des 3 datacenters de la SNCF, il faut un certain courage managérial.
La Direction a préféré faire les choses petit à petit. Il faut toujours diviser pour mieux régner. Ils ont commencé par sacrifier le plus petit des 3, Ermont dont l’annonce de la fermeture est faite depuis maintenant de longs mois.
Le sort de La Mulatière a ensuite été jeté. Le tout ayant été accompagné d’un discours rassurant sur le PRA, sous-entendant la pérennité du site de Lille Pont de Tournai.
En mai dernier, la CGT écrivait que la feuille de route technologique visait à faciliter le changement de fournisseur de Datacenters et à pouvoir vider les nôtres…
Depuis lors, au mois de juillet, est sorti un document sur Yammer nous informant clairement sur le sujet.
Interrogée par la CGT sur la stratégie Datacenter, la Direction a confirmé la fermeture de La Mulatière pour fin 2019 et nous a assurés que pour Lille Pont de Tournai rien n’est acté. Aujourd’hui, Benoit Tiers n’a pas acté la fermeture de Lille1.
Confrontée aux informations contenues dans ce document (depuis lors il a disparu de Yammer, comme par enchantement), droite dans ses bottes, la Direction nous a affirmé qu’il s’agissait d’un document non validé et que le Directeur Général e-SNCF n’avait pas acté la fermeture du datacenter Lille 1.
La CGT considère que la ré-internalisation de la conception, et l’exploitation du SI dans des datacenters SNCF restent le moyen pour le GPF d’assurer ses missions de service public au meilleur coût et surtout aux meilleures conditions de sécurité.

✓ Pour imposer d’autres choix et défendre votre métier ;
✓ Parce que la fermeture des Datacenters est la conséquence néfaste
et difficilement réversible d’une politique d’externalisation non moins
néfaste ;
✓ Parce que la fermeture des Datacenters n’est inéluctable que dans
l’esprit des dirigeants du GPF
M A RD I 12 SE PTEMB RE ,
ME T TEZ-VO US EN G RÈVE !

LETTRE DE LA CGT AU PREMIER MINISTRE SUR LES ASSISES DE LA MOBILITE

Madame la Ministre,
Monsieur le Ministre d’Etat,

Le 19 septembre 2017, vous allez lancer des «Assises de la Mobilité ».
Face à la situation alarmante dans les secteurs des transports où tous les voyants sont au
rouge, ces assises arrivent à point nommé.
Sauf que, lors du CNTE du 23 août 2017, vous nous avez informés que ces assises se
limiteraient à la mobilité des personnes, ce que nous contestons comme d’autres
organisations syndicales et ONG l’ont également fait.
Depuis deux ans, il y a une augmentation des émissions de Gaz à Effet de Serre due aux
trafics routiers en progression, au détriment du ferroviaire (marchandises et voyageurs) en
baisse tout comme le fluvial.
Nous sommes à contre-courant des objectifs du Grenelle de l’Environnement qui, pourtant,
déclarait «le fret ferroviaire, fluvial et le cabotage maritime d’intérêt général » mais
aussi ceux de l’accord de Paris.
C’est pourquoi, pour la CGT, il est inconcevable que le transport des marchandises ne soit
pas abordé dans les assises ou alors les objectifs ne sont pas l’intérêt général, la réponse
aux besoins et le report modal pour lutter contre le réchauffement climatique.
Il y a urgence à sortir de cette concurrence mortifère dans les transports -source d’un
terrible dumping social- car, face aux enjeux auxquels nous sommes confrontés et
considérant que nous avons besoin de tous les modes de transports, il faut travailler la
complémentarité dans un concept multimodal à partir des besoins au service de l’intérêt
général posant la place du service public.
Un des problèmes auquel ne s’attaque pas le Gouvernement, y compris au travers du «plan
climat », est la diminution de la circulation routière alors que la saturation des réseaux est
un phénomène qui prend de l’ampleur, particulièrement autour des grandes métropoles
avec un étalement urbain qui ne cesse de croître auquel contribuent les lois NOTRe et
MAPTAM, à l’opposé –là aussi- des objectifs de la COP 21 avec pour conséquence la
création de nouveaux besoins de transports voyageurs et marchandises.
D’où la nécessité, dans ces «Assises de la Mobilité », d’aborder les sujets de fond
permettant de répondre de façon durable au réchauffement climatique, de santé publique,
de mobilité des marchandises et des personnes en plaçant au centre des débats : les
questions sociales, environnementales, d’aménagement des territoires et de ré-
industrialisation, pour une véritable «économie circulaire» et un renouveau du service
public.
En ce sens, il serait incompréhensible que les organisations syndicales ne soient pas parties
prenantes de ces «Assises de la Mobilité » au même titre que les ONG, les entreprises, les
élus … et ne pas cantonner leur place à la commission spécialisée du CNTE.
Dans l’attente de vous lire sur ce sujet,
Veuillez agréer, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre d’Etat, l’expression de nos
salutations distinguées.
Philippe MARTINEZ
Secrétaire général de la Cgt