NIOUZELAITEUR CGT CENTRAUX Bulletin hebdomadaire n° 38 Février/Mars 2018

RENCONTRE MINISTÈRE  JEUDI 01 MARS 2018

La Fédération CGT a réaffirmé son opposition sur le contenu et le sens de la réforme, notamment :  affaiblissement du ferroviaire, fin du Service Public affichés par le gouvernement ; volonté de privatisation (changement de statut juridique des EPIC Mobilités et Réseau) ; la cession envisagée de Géodis, Ermewa et ICF ; la casse sociale envisagée et particulièrement les menaces contre le Statut des cheminots ; le passage en force (recours aux ordonnances) ; le fait de privilégier la concertation plutôt que la négociation ; la volonté de renvoyer certains sujets à des négociations d’entreprise ; le contenu d’un sac à dos social, plan de départs volontaires envisagé.  Le gouvernement, par la voix de la Ministre des Transports, a voulu afficher une posture de fermeté à l’occasion de ce premier échange, tout en vantant les orientations et la méthode proposée par le Premier ministre. La Ministre considère que les concertations qui s’engagent sont « importantes, tant l’état de dégradation de la SNCF est avancé ». Cette situation génère du mécontentement chez les usagers, dans les Régions et des tensions chez les cheminots.  Nous devons donc nous « battre ensemble » nous a-t-elle dit. Elle ne souhaite pas que s’instaure un climat de défiance et a précisé que la réforme à venir n’est pas celle des retraites, des « petites lignes », qu’il n’y a pas de « sujets cachés », tout est sur la table. La Ministre a précisé le contenu et la durée des concertations à venir. Elles sont divisées en 4 grands thèmes : amélioration du Service Public ferroviaire en format Multilatérales intégrant les Organisations Syndicales, les Régions, les usagers ; ouverture à la concurrence en bilatérales ; organisation de la SNCF en bilatérales ;   modernisation sociale du secteur en Bilatérales. La première séquence de concertation est prévue lundi 05 mars sur l’amélioration du Service Public ferroviaire. L’ensemble de la concertation durera 2 mois. (pour en savoir plus voir C.R. du 2 mars 2018)


ANNIVERSAIRE ?

OU COMMÉMORATION ?

 

Fondée le 1er janvier 1938, après la faillite des compagnies ferroviaires privées, la SNCF et les cheminot-e-s sont, au fil des décennies, des acteurs majeurs du développement du pays et d’aménagement du territoire. L’engagement sans faille des cheminots dans l’entreprise publique a permis l’électrification du territoire dans les années 50 et l’avènement de la grande vitesse fin des années 80. Ce sont ces innovations réalisées sur ordre de l’Etat qui sont à l’origine de la dette du ferroviaire. Dette que les différents gouvernements ont toujours refusé de prendre en compte. Au-delà de la défaillance de l’Etat en matière de financement, la gestion opérée par la direction relève du plus classique des libéralismes. La direction de la SNCF préfère investir dans l’acquisition de filiales de toutes sortes au détriment du service public ferroviaire sur le territoire. Pour nos dirigeants, seules comptent rentabilité et croissance internationale. Et pour cela, tous les moyens sont bons : recours accru à la sous-traitance, précarisation et suppressions d’emplois, déshumanisation des gares et des trains. La future réforme envisagée par le gouvernement n’apporte aucune solution pour régler la problématique du financement du système ferroviaire. Pire, en transformant les Epics en sociétés nationales à capitaux publics, elle ouvre la porte de la privatisation de la SNCF. Remettre en cause les conditions sociales des cheminot-e-s par l’arrêt du recrutement au statut ne règlera pas le sujet de la dette, ni celui des dysfonctionnements. La CGT n’est pas favorable au statu quo car la situation actuelle n’est pas satisfaisante tant du point de vue de la réponse aux besoins de transport que des conditions de vie et de travail des cheminots. C’est tout le sens du rapport CGT sur l’avenir du service public ferroviaire et contre le statu quo libéral. (pour en savoir plus voir tract du 9 mars 2018)


DE LA CONTINUITÉ DANS LA CASSE

Les annonces du Gouvernement reprennent l’intégralité du rapport Spinetta. En cela, cette réforme s’inscrit dans la continuité des précédentes. Le Gouvernement est donc dans le statu quo. Nous réaffirmons que l’ouverture à la concurrence n’est pas gage d’efficacité et de développement pour le mode ferroviaire. Les exemples multiples dans d’autres pays le démontrent. L’ouverture à la concurrence n’est pas obligatoire. Le Règlement OSP européen cité à maintes reprises par le Gouvernement prévoit, art. 5 § 4 bis :  « L’autorité compétente peut décider d’attribuer directement des contrats de Service Public relatifs à des services publics de transport de voyageurs par chemin de fer : Lorsqu’elle considère que l’attribution directe est justifiée par les caractéristiques structurelles et géographiques pertinentes du marché et du réseau concernés (…) et lorsqu’un tel contrat aurait pour effet d’améliorer la qualité des services ou le rapport coût – efficacité, ou les deux, par rapport au précédent contrat de Service Public attribué. »  Pour la CGT, le Gouvernement doit reprendre intégralement la dette et apporter des sources de financement pérennes pour le développement du Service Public ferroviaire fret et voyageurs. Le Gouvernement ment en affirmant que ce n’est pas une réforme des « petites lignes ». En ne finançant pas les régénérations et en ouvrant à la concurrence, il met fin à la péréquation, se désengage et laisse la responsabilité aux Régions de décider du maintien ou non des lignes régionales du Réseau Ferré National. Les restrictions budgétaires dans les Régions augurent mal de leur capacité à financer ces lignes. autour des métropoles. Le Gouvernement préconise le passage du Statut d’EPIC, où l’État est propriétaire, à celui de « Société Nationale à Capitaux Publics », où l’État est actionnaire.  En clair, le Gouvernement s’offre la possibilité d’ouvrir le capital et de privatiser la SNCF à court terme.  Le Gouvernement annonce la fin des recrutements à Statut pour les futurs embauchés.  Le Statut des cheminots permet une continuité et une stabilité dans le fonctionnement du Service Public. Il permet également un niveau de qualification, de formation initiale et continue pour assurer un haut niveau de technicité et de sécurité.  La Fédération CGT des cheminots réaffirme qu’elle n’acceptera pas la fin du Statut pour les futurs embauchés, de même qu’elle exige une amélioration de la situation des cheminots contractuels.


La DRH du GPF : entre storytelling et fébrilité

Dans un document interne, la DRH « vend » son activité avec la mise en avant des
« succès 2017 ». On y apprend que « nos salariés et nos managers » ont obtenu des avancées : forfait-jours et télétravail…Outre cette étonnante excentricité qui consiste à dissocier salariés et managers (de quoi vivent donc ces derniers ?), l’art de raconter des histoires pour amuser la galerie (en français familier storytelling s’appellerait simplement de l’intox) est décidément un réflexe compulsif de nos dirigeants. Ainsi, « le forfait-jours et le télétravail, deux accords qui favorisent l’autonomie, la confiance et l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle ». Si le télétravail peut séduire des collègues qui vivent loin de leur lieu de travail (incompatibilité de salaires modestes et du prix de l’immobilier dans les centres-villes), une grande vigilance s’impose sur les atteintes à la vie privée qu’il peut occasionner. Quant à l’éloge du forfaitjours dont un des objectifs est d’augmenter la durée des journées de travail sans la rémunérer, il mériterait la réponse du berger à la bergère dans le genre « fini/parti » ou pourrait donner lieu à tous aménagements susceptibles d’intégrer la sphère du personnel dans le monde de l’entreprise (aller à son cours de poney, de japonais, ou sarcler son jardin du cheminot en milieu de journée par ex.).  Nul doute que les réactions, inspirées par la confiance réciproque, seraient d’un grand intérêt ! Nous ne nous attarderons pas sur « les initiatives pour libérer le management… (ex. élargissement des D2I) » bel exemple de novlangue et de malhonnêteté… Mais derrière le « fake », d’autres signes ne trompent pas sur la nervosité certaine de « nos » directions. Ainsi, dans les quatre chantiers prioritaires pour 2018, figure EN PREMIER la nécessité d’« expliquer le sens des évolutions aux salariés et (d’) embarquer le management »…Dans quelle galère ?.. Et pour finir, dans ce document hautement édifiant, une partie, figurant au sommaire, a été retirée du document : le contenu des enquêtes Tempo dont il n’est un secret pour personne qu’il est désespérément calamiteux. (issu de perspectives syndicales de février 2018)


LE RAPPORT CGT REMIS À MATIGNON

 

Ce mardi 13 mars à 18h00, une délégation de la Fédération CGT des Cheminots, accompagnée de Philippe MARTINEZ remettra à Edouard PHILIPPE, son rapport sur l’avenir du service public ferroviaire et contre le statu quo libéral.

La Fédération CGT des Cheminots réaffirme avec force et conviction que d’autres solutions sont possibles afin de maintenir et développer le service public ferroviaire. Le rapport « ENSEMBLE POUR LE FER » constitue une alternative sérieuse aux mauvaises « recommandations » du rapport Spinetta. La CGT portera donc l’ensemble de ses propositions notamment sur : le financement et la dette du ferroviaire ; son refus de l’ouverture à la concurrence ; le statut juridique de l’entreprise SNCF ; des objectifs ambitieux de développement des trafics ; la relance et la pérennisation du transport public de marchandises ; le développement du réseau capillaire et des lignes de proximité ; les conditions sociales des cheminots. La CGT réaffirmera la nécessité d’un débat public d’envergure quant à l’avenir d’une entreprise qui concourt chaque jour à l’économie du pays.

Enfin, la CGT redira toute la détermination et la lucidité dont feront preuve les cheminots si d’aventure le gouvernement et la direction SNCF devaient persister dans une réforme qui vise à en finir avec le train public.


POUR UNE INGÉNIERIE UTILE AU CHEMIN DE FER !

Pour la CGT, l’Ingénierie intégrée est une composante essentielle de la sécurité, de nos savoir-faire au service du système ferroviaire.  L’ingénierie dans son histoire intervient dans quatre grands domaines. L’ingénierie technique et de système, par l’optimisation des performances du système ferroviaire et de son coût de cycle de vie. L’ingénierie de projet qui conçoit des solutions techniques et la réalisation d’ouvrages sur mesures par exemple. L’ingénierie d’exploitation et de maintenance qui conçoit des principes d’exploitation, les règles techniques de maintenance et les missions de surveillance du réseau. La recherche et le développement avec la création de solutions, d’outils de méthodes et de produits innovants. Mais, à force de restructurations et de choix dogmatiques, la réalité est toute autre ! L’externalisation des études inquiète majoritairement les agents. Celle ci, source de souffrance, crée également du surtravail. Alors que les agents d’étude s’épanouissent dans leur travail, ils voient partir celui ci. Pire, il leur est demandé de « gérer » et d’« accompagner » cette externalisation. Les cheminots savent faire des études beaucoup moins chères que le privé. L’externalisation est donc un choix dogmatique de la direction pour sortir la production de l’Ingénierie et la confier à des entreprises dont les règles sociales sont moins favorables aux salariés.  Dans de nombreux PRI, les chefs de groupe et chefs de pôle ont essayé de freiner l’externalisation, mais aujourd’hui ils y sont contraints. Le manque d’effectif dans les groupes Programme (agents de la filière 27) a des impacts sur toute la production d’étude signalisation, les programmes sont retardés alors que les dates de mise en service ne changent pas.  Les postes de chef de groupe sont soumis à une pression importante. Peu d’agents acceptent d’accéder à ce poste. On ne compte plus les démissions ou arrêts maladies. La connaissance du système ferroviaire et l’expertise technique des agents de l’Ingénierie sont un atout considérable pour la sécurité et l’efficacité du système ferroviaire.

 Il faut maintenir et développer le service public ferroviaire, pas le saborder.  (pour en savoir plus voir tract du 2 mars 2018)


LE DÉFERLEMENT ANTI-CHEMINOTS DOIT CESSER !

Depuis quelques jours, les cheminots et leurs familles subissent des attaques inacceptables. La Fédération CGT des cheminots et le Syndicat National des Journalistes CGT (SNJ-CGT) dénoncent avec force cette campagne de dénigrement sans précédent. Rarement une profession aura fait l’objet d’un tel déferlement tous azimuts. Depuis les annonces du Premier ministre concernant la casse de l’entreprise SNCF, les cheminots essuient les tirs croisés de celles et ceux qui militent pour la casse du service public ferroviaire. Les cheminots ne sont pas responsables des décisions, des errances de la direction SNCF et des gouvernements successifs qui, depuis des années, s’attachent à déboulonner l’entreprise publique. Le Statut des cheminots n’est pas un « boulet » pour la SNCF et la Nation. Il est au contraire une force. Il permet d’assurer la continuité, la pérennité et la stabilité du service public. Il est gage d’une formation professionnelle initiale et continue de haut niveau permettant d’assurer la sécurité des circulations et le fonctionnement du chemin de fer public 24h/24, 365 jours par an. Les cheminots ne sont pas responsables de la dette du système ferroviaire pas plus qu’ils ne sont responsables de l’éclatement de la SNCF décidé lors de la réforme de 2014 qui préfigurait la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Les comptes 2017 de la SNCF présentés récemment démontrent, une nouvelle fois, que les cheminots participent avec force et conviction au maintien et au développement du service public ferroviaire : le résultat net a triplé, la fréquentation est en progression sur les TGV comme sur les TER, tout comme les chiffres d’affaires de SNCF Mobilités et du groupe, pour ne citer que ces items. Ces résultats viennent percuter de plein fouet les propos du Premier ministre sur la situation à la SNCF. L’emballement anti-cheminots, savamment orchestré, vise en fait à détourner l’opinion publique et à opposer les salariés de la SNCF au reste de la population. C’est scandaleux ! Les cheminots ne se détourneront pas de l’essentiel. La réforme engagée vise, à terme, à réduire drastiquement le réseau ferroviaire, à ouvrir à la concurrence, à privatiser la SNCF et à porter un coup sérieux à leurs conditions sociales. En Europe, là où les mêmes réformes ont été introduites, le prix des transports a explosé et leur qualité s’est effondrée. En France, le bilan de la privatisation des autoroutes est sans appel : hausse continue des péages et dégradation du service rendu. De France Inter à Europe 1 en passant par TF1 ou les grands quotidiens, l’hostilité envers les mobilisations sociales est sans égal ! Le but de la CGT serait de « bloquer la France » ou d’obliger « le contribuable à payer encore davantage pour le fonctionnement de la SNCF » ; le statut de cheminot ne serait « plus justifié aujourd’hui » et il faudrait le « faire évoluer au minimum ». Le SNJ-CGT et la Fédération CGT des Cheminots appellent les journalistes à enquêter et à confronter les points de vue sur les réelles causes des dysfonctionnements de la SNCF et les effets que pourrait avoir « le nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement. Nous réaffirmons par ailleurs que si le gouvernement et la direction SNCF devaient choisir le passage en force, les cheminots répliqueraient avec lucidité et détermination.

La Fédération CGT appelle les cheminots, les usagers, leurs associations ainsi que toutes celles et ceux qui sont attachés au service public ferroviaire, à participer à la manifestation nationale unitaire le 22 mars 2018, à Paris.

Nous contacter

Secteur Fédéral des Cheminots des Services Centraux

14, rue Campra

93210 La Plaine St Denis

Tél. SNCF 38 64 14 

Externe 09 51 82 53 98

Notre adresse mail

cgtchem.centraux@laposte.net

Notre site internet :  http://cgt-cheminots-centraux.reference-syndicale.fr/

 

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