Visite de l’Agence d’Essais Ferroviaires à Vitry

3002684623_1_7_nVjz60kn[1]Avant le compte rendu, quelques mises au point sont nécessaires.

 Depuis plusieurs mois, le Président de la CFHSCT a pris la fâcheuse habitude de baptiser ses écrits de « Relevés de décisions ». Malgré les nombreuses interpellations par la CGT sur ce point, il persiste et signe des documents qui, aujourd’hui, ne sont là que pour jeter le trouble dans l’esprit des cheminots. Son diplôme de Psychologie ne semble lui servir qu’à orienter les vues, alors que le métier a pour postulat les analyses.
 De plus, en rappel à notre réglementation, le relevé de conclusions ou de décisions répond à des sollicitations du type « Rh 826 », dans le cadre de l’amélioration du dialogue social. En aucun cas, des décisions ne peuvent être prises dans ce type de rencontres, malgré la présence du Président de la CFHSCT.

 La délégation CGT remarque aussi que la Direction est plus prompte à véhiculer des « relevés de décisions » qu’à répondre rapidement à des demandes d’audiences ou encore à informer sur des accidents graves sur nos chantiers, comme à Rémilly en Lorraine, puisqu’il aura fallu forcer les questions sur l’état de santé du cheminot.

 En ce qui concerne la présentation des essais sur les PICB :

 La Direction de l’Infrastructure avait invité les représentants du personnel à l’Agence des Essais Ferroviaires (AEF / Vitry sur Seine), pour expliquer les conditions d’essai des PICB (Protection Individuelle Contre le Bruit) et la méthodologie des mesures. Depuis les différentes modifications de la législation, la Direction est contrainte de protéger ses salariés des risques contre le bruit. Toutefois, pour de nombreux métiers, comme à l’équipement, l’exploitation et autres, la situation est relativement compliquée puisqu’ils sont soumis aussi aux risques ferroviaires. La réglementation actuelle (le RSPRF) interdit strictement le port de tout objet sur les oreilles obstruant la bonne audition.

 La Direction a donc commandité des études auprès de différents organismes habilités dont l’INRS et le CNRS. Lors de la présentation de la démarche, au dernier CNHSCT, des contacts et des engagements ont été pris par l’entreprise, précisant que chaque étape du processus serait expliquée et présentée.

 De plusieurs sources sur le terrain, nous avons appris que des expérimentations étaient en cours, sans que le CNHSCT n’ait été avisé, et souvent en dehors des clous du CHSCT local. D’après ces mêmes sources, les contraintes sécuritaires au regard du risque ferroviaire seraient fortement malmenées, puisque certains dirigeants vont jusqu’à prétendre que la réglementation a évolué et qu’il est, d’ores et déjà, possible de porter des PICB dans tous les cas.

 La première partie de la visite était consacrée à la présentation de l’Agence des Essais Ferroviaires et surtout pour qui elle était amenée à fournir des études. La délégation CGT ne conteste pas l’utilité de l’agence, bien au contraire, si elle s’inscrit dans le respect de la réglementation et de l’amélioration des conditions de travail et de sécurité de tous les cheminots. Or, la Direction aujourd’hui a plus tendance à chercher le contournement de ces aspects.

 La deuxième partie, quant à elle, était consacrée à l’aspect technique et technologique du processus des essais. Du logiciel permettant de recréer artificiellement les conditions réelles de l’ensemble des bruits à l’étude des phénomènes des sons et de l’acoustique en général, l’agence a présenté l’ensemble des conditions théoriques.

 Et enfin en troisième partie, la délégation a pu assister aux essais en salle sourde. Un agent (un CREQ) a témoigné des essais face à la Direction de l’Infrastructure. Appréciation réelle ou influencée par cette dernière présence, l’agent en situation a précisé que son oreille n’était pas en parfaite santé, mais qu’il arrivait mieux à extraire un son d’alarme au milieu du bruit recréé artificiellement d’une draisine (DU65). Un type de casque est actuellement à l’essai dans la chambre sourde.

 Les présentations se sont terminées en fin de matinée par un repas offert par la Direction. La CGT et SUD n’ont pas souhaité participer à ce déjeuner. Le contexte doit rester strictement professionnel et ne se satisfera pas de petits arrangements maison.

 En conclusion : La Direction, une fois de plus, n’effectue pas ces mesures pour améliorer les conditions de travail des cheminots. Elle cherche, à demi masquée, à diminuer le nombre de cheminots intervenant sur un chantier. Elle poussera même le prétexte jusqu’à contester le positionnement négatif (s’il devait avoir lieu) sur l’utilisation des bouchons d’oreilles dans les entreprises privées. Pour la CGT, nous n’avons sûrement pas de leçon à recevoir de ces entreprises ferroviaires privées travaillant sur le Réseau Ferré National. Il devient très vite indécent de prendre en exemple les conditions d’exécution des missions quand des salariés sont blessés gravement ou pire quand ils meurent au travail. Et en ce qui concerne les conditions sociales, ces marchands de soupe sont de plus en plus nombreux, preuve que le marché ferroviaire devient de plus en plus juteux et tout particulièrement lorsque la SNCF fournit outils, matériels et compétences gracieusement. Le seul argument avancé par notre entreprise est le coût horaire qui reste le seul critère pris en compte.

 Pour la délégation CGT, nous sommes loin de l’avis positif de la Direction, affiché dans son « relevé de décisions ». Les essais à l’AEF sont en cours. Ainsi, il ne devrait exister aucune  expérimentation en situation réelle sur le RFN, tant que les dits essais ne sont pas terminés et que la réglementation n’a pas été modifiée. La CGT reste vigilante sur la continuité du dossier dans l’état actuel, et invite tous les CHSCT de proximité à être à l’offensive pour garantir la sécurité de tous les salariés intervenant sur le domaine ferroviaire.

 Pour démontrer son intention de boucler le dossier rapidement, la Direction ose écrire sur son relevé des modifications réglementaires du RH 827 qu’elle présentera au CNHSCT de novembre. Un rappel est nécessaire à ce stade : les textes Rh sont transverses, donc discutés dans le cadre de commissions nationales, non pas par la seule volonté de l’Infrastructure. Cela devient aussi une habitude dans de nombreux domaines touchant de près ou de loin à la sécurité. Ce dernier est le sujet le plus important dans une activité qui est frappée depuis de nombreuses années par des accidents graves qui curieusement sont en augmentation depuis les campagnes à tiroirs des réorganisations et autres restructurations.