Le Comité d’Entreprise Européen sur les rails

Le Comité d’Entreprise Européen SNCF s’est tenu du 25 au 27 juin dans un contexte particulier. Après une année de fonctionnement, un mois après les élections européennes et trois jours après l’adoption de la réforme ferroviaire à l’assemblée, que ressort-il de cette réunion ?

Les élections européennes confortent la droite au Parlement Européen avec une montée dramatique de l’extrême droite dont 24 députés du FN. Le taux d’abstention record reflète l’écœurement des électeurs Européens pour une institution qui est déconnectée des attentes citoyennes, une structure technocratique au service de la finance qui prône la libre concurrence non faussée et le dumping social. Sur ce dernier thème le Groupe SNCF n’est pas en reste :

  1. Convention collective de la route pour les cheminots des filiales italiennes de la SNCF.
  2. Partenariat IDbus avec SARFA, entreprise espagnole,sur les liaisons Lyon / Barcelone employant des conducteurs de différentes nationalités.
  3. Restauration d’Eurostar sous droit anglais et un manque d’information sur les sujets transnationaux dans les instances représentatives du personnel.
  4. Non-respect des conditions sociales de Keolis et Captrain dans le ferroviaire.

 

De plus, la Direction SNCF ne nous dit pas tout. Le droit d’information et de consultation n’est pas appliqué, puisque hormis le sujet Thalys, les informations du CEE se font à la demande du Secrétaire, situation complètement anormale.

 

Enfin, la réforme ferroviaire s’achevait dans sa première lecture à l’assemblée, mardi 24 juin. Sans rentrer dans les détails et au-delà des stratégies syndicales, les salariés sont très inquiets de ce texte et de sa mise en œuvre. Les questions relatives au CEE sur les incidences dans le groupe, les filiales, la mobilité, la dette… sont prégnantes. La Direction embarrassée déclare que rien ne dérogera au plan « Excellence 2020 », dont l’objectif est d’améliorer la MOP[1] au détriment des effectifs et des conditions de travail des salariés, en utilisant pour cela tous les artifices comptables.
[1] Marge Opérationnelle (rapport entre le résultat d’exploitation et le chiffre d’affaires).

 

Sur le sujet de l’égalité professionnelle, c’est un premier bilan annuel du groupe en Europe. La CGT apprécie cette première initiative de cohésion et mesure les difficultés de l’exercice. De nombreuses remarques vont permettre d’améliorer le document. Pour la CGT tous les pays doivent être consultés y compris la Suisse et la Norvège. Les prérogatives du CEE ne se limitent pas aux pays ayant un membre au CEE (plus de 255 salariés par pays).

 Le Comité a mis l’accent sur la formation de ses membres issus de cultures et de législations différentes. Nous coopérons avec d’autres CEE comme Véolia-Transdev et DB Group. Cette acculturation met en exergue des pratiques et des visions différentes autant dans l’orientation des syndicats composant le CEE que dans leur vision stratégique sur la SNCF et son groupe.

 Il y a nécessité de construire une coopération avec tous nos collègues affiliés à l’ITF et faire en sorte d’implanter un syndicat dans chaque filiale pour une information rapide et réactive.

 La CGT s’efforcera d’atteindre ses objectifs en s’appuyant sur les salariés pour gagner de nouvelles prérogatives en Europe et établir un réseau d’échanges Mondial.