NIOUZELAITEUR CGT CENTRAUX Bulletin hebdomadaire n° 42 octobre 2018

LES ALTERNANT-E-S SONT L’AVENIR DE LA SNCF !

La formation des alternants doit s’inscrire dans une perspective de transmission de nos savoir-faire, de renouvellement de nos compétences. Elle devrait relever d’une politique d’accueil professionnel durable. Une entreprise comme la SNCF a besoin de renouveler les compétences pour remplacer les cheminots qualifiés qui partent en retraite. La formation des jeunes, en alternance sur des diplômes bac +2, des Masters de diverses spécialités, des ingénieurs, a toujours été une nécessité pour inscrire la SNCF dans le progrès technologique. Le Service Public ferroviaire exige des qualifications qui mobilisent des savoir-faire complexes nécessitant du temps pour se construire et s’aguerrir. C’est vital pour l’avenir de l’entreprise, et celles et ceux qui se lancent dans le monde du travail et développent des projets pour leur vie personnelle. Cependant la direction de l’entreprise, loin des objectifs qu’elle affiche « l’alternance un tremplin pour l’avenir », utilise d’abord ces contrats comme des emplois de substitution aux emplois pérennes aux cadres d’organisation. Seul un petit nombre de jeunes peut espérer un recrutement sur quelques métiers techniques. Dans certains services l’essentiel du personnel est constitué de jeunes en alternance, le partant formant souvent le nouvel arrivant. Utilisés comme des intérimaires de longue durée, trop nombreux arrivent à la fin de leur cursus sans avoir mis en pratique les connaissances apprises.


CRÉATION D’UN COMITÉ DE VIGILANCE FERROVIAIRE

Pour convaincre l’opinion publique qui soutenait largement les cheminots, la majorité présidentielle a multiplié les déclarations mensongères sur les vertus des mesures imposées par le « pacte ferroviaire » : baisse des prix et amélioration de la qualité de service grâce à la concurrence, plus de trains en circulation, « lignes de proximité » qui ne seraient plus menacées, question du financement du système qui serait réglée. C’est maintenant l’heure de vérité. Oui, nous pensons que cette loi ne doit pas s’appliquer et que d’autres choix sont possibles, comme le prouve notre projet Ensemble pour le fer, remis au Premier ministre en 13 mars dernier. C’est pourquoi nous avons sollicité l’ensemble des forces politiques de gauche, les associations d’usagers et de consommateurs, au niveau national, afin de créer un comité de vigilance citoyenne pour le service public ferroviaire. Les forces politiques : PCF, Gauche Démocratique et Sociale, EELV, Ensemble !, Génération-s, France Insoumise, NPA, PCOF, PS, République et Socialisme ainsi que de nombreuses associations d’usagers et de consommateurs, des économistes ont d’ores et déjà décidé de créer un Comité de Vigilance Citoyenne pour le service public ferroviaire.


LA MAITRISE INTERNE, LA SOLUTION POUR LA QUALITÉ DU TRAVAIL

Le développement du ferroviaire en France est en grande partie dû à la maîtrise technique et organisationnelle des cheminots de la SNCF. La possession de l’ensemble des leviers pour assurer un travail de qualité avec des effectifs stabilisés et des carrières construites pour monter en compétences a fait ses preuves. Un virage dangereux pour l’avenir de l’entreprise et la sécurité ferroviaire a été pris par nos premiers dirigeants : est-ce pour le moins disant social, pour une réduction mathématique des effectifs, pour éclater la SNCF et favoriser l’ouverture à la concurrence ou pour des intérêts privés ? Il en résulte un système coûteux et insatisfaisant pour la qualité du travail. Une étude du CE Maintenance et Travaux montre aussi la dégradation des conditions de travail des dirigeants de proximité. Un DPX avec ses assistants tentent de coordonner la production sans avoir toutes les cartes en main. Mesurer le niveau de compétences du prestataire, établir des cahiers des charges irréprochables, comparer le devis, organiser en fonction de la disponibilité, gérer la cohabitation et les habilitations, assurer le suivi et la restitution des travaux et éventuellement reprendre les malfaçons, sont leur lot quotidien … Passer du « faire » au « faire faire » change le travail et son sens. Au nom de la concurrence libre et non faussée, cette institution financée par l’argent public scrute le CV des responsables nommés à SNCF Réseau pour s’assurer qu’ils n’ont pas de lien avec SNCF Mobilités. Par contre, leurs connexions avec les puissants groupes du BTP ne posent pas de suspicion alors que les contrats se mesurent en milliards d’euros. Le pacte d’entreprise se discute actuellement dans un semblant de co-construction. Dans les faits, les décisions ont été prises avec le gouvernement en amont de la réforme. La CGT porte la nécessité d’une entreprise intégrée. Par la mobilisation autour d’intérêts compris de tous les cheminots de tous collèges pour la qualité du travail, nous parviendrons ensemble à construire une entreprise à la hauteur des enjeux environnementaux et sociaux.


NOUVEL ACCIDENT GRAVE SUR UN CHANTIER SNCF

La Fédération CGT des Cheminots exprime sa stupeur et sa tristesse suite à ce nouveau drame qui endeuille la famille cheminote. Nos premières pensées vont aux familles et aux proches des victimes. Sans présager des circonstances exactes de l’accident et des conclusions de l’enquête, la Fédération CGT des cheminots rappelle que le milieu ferroviaire est dangereux. C’est pourquoi l’application de règles strictes, une formation professionnelle initiale et continue de haut niveau, une stabilité et une continuité dans les collectifs de travail et de bonnes conditions de travail sont indispensables pour assurer la sécurité des personnels et des usagers. A l’heure où le « pacte ferroviaire » imposé par le Gouvernement continue de s’écrire ; A l’heure où le président Pépy continue de dire tout le mal qu’il pense du service public ferroviaire et des cheminots, s’acharne à détruire l’emploi par des suppressions massives (en cours et à venir) ; A l’heure où le président Jeantet annonce l’accroissement de la sous-traitance concernant la maintenance des infrastructures, ce qui entraîne l’abaissement des règles de sécurité ; La Fédération CGT des Cheminots redit que les choix opérés ne sont pas les bons. Nous souhaitons réaffirmer ici toute notre émotion et assurons de notre soutien les familles, les collègues, les proches des cheminots touchés par cet accident grave.


LES FÉDÉRATIONS DE CHEMINOTS

REÇUES AU MINISTÈRE

La Fédération CGT des Cheminots y portera des propositions permettant de maintenir et de développer le service public ferroviaire, de garantir la pérennité du réseau, des ateliers du Matériel, de l’emploi cheminot au statut, entre autres. Elle exigera par ailleurs des mesures concrètes sur la relance du Fret SNCF. A l’heure où le président Pépy, véritable démolisseur du service public ferroviaire, joue la politique du champ de ruines et se répand dans les médias, la Fédération CGT des Cheminots continue de dénoncer les premiers effets concrets de la réforme concernant notamment les fermetures massives de gares, de guichets, les suppressions massives d’emplois en cours et à venir, les restructurations internes. La Fédération CGT attend du Gouvernement qu’il apporte des réponses claires quant à sa volonté réelle de maintenir le service public ferroviaire sur l’ensemble des territoires. En outre, la Fédération CGT attend du Gouvernement qu’il dise enfin toute la vérité aux cheminots, aux usagers, aux citoyens quant aux véritables conséquences de sa réforme dans les mois et les années à venir.


LIQUIDATION DES EMPLOIS À LA SNCF ?

La Fédération CGT des Cheminots entend bien dénoncer les conséquences néfastes de ce pacte ferroviaire décliné par les réductions des dessertes comme sur Annecy, en PACA ou en Lorraine par exemple, les lignes dont la SNCF veut concéder la maintenance aux entreprises privées, les technicentres de maintenance du matériel que la direction veut fermer ou en réduire fortement les effectifs comme au Technicentre Sud-Est Européen (TSEE) de Villeneuve-St-Georges, ou l’atelier de « Quatre Mares » à Sotteville à échéance plus ou moins proche. Enfin, et plus précisément, c’est l’abandon du canal de vente aux guichets et des agents en gare, avec pas moins de 952 postes programmés d’être supprimés sur le territoire d’ici mars 2019, au moment où la direction souhaite créer une filiale gares ! Si cela devait se faire, la SNCF et le Gouvernement porteraient l’entière responsabilité d’une discrimination sans précèdent envers les usagers, les territoires, le service public ferroviaire. La CGT exige : • L’abrogation de la loi sur le pacte ferroviaire ; • Un retour à une entreprise unifiée ; • L’arrêt des fermetures et des réductions d’ouvertures de points de vente sur l’ensemble du territoire ; Chiffres Clés : 13 542 : c’est le nombre de cheminots à la Vente, Escale ; 31 c’est le nombre de points de vente grandes lignes restant sur l’Ile-deFrance pour une population de 12 millions d’habitants ; 8 c’est le nombre de points de vente Grandes Lignes dont la suppression est programmée d’ici 2019 sur Paris Est, Paris St Lazare, Paris Rive Gauche.


Faire du travail le cœur de notre activité de proximité

Il y a quelques années, la vague de suicides à France télécom mit en évidence le lien entre nouveaux modes de management et souffrance au travail. Sous la pression de l’opinion, le gouvernement d’alors avait tenté de désamorcer l’affaire en enjoignant aux directions des entreprises publiques de prendre des mesures pour faire cesser ce phénomène. La direction de la SNCF mit alors en place un dispositif organisé autour de deux volets : le repérage des agents « en fragilité » et un ensemble d’actions destinées à lutter contre le stress au travail (relaxation, ripolinage des locaux…). Pour la CGT la seule voie à suivre était celle d’une maîtrise renouvelée des organisations de travail et des processus de production, une réappropriation du travail par les cheminots eux mêmes. Contester aux directions leur captation de la production en leur opposant l’expertise des collectifs de travailleurs, permettre à ceux ci de reprendre leur destin en main. Plutôt que de parler de « qualité de vie au travail », il s’agissait pour la CGT cheminots de trouver les voies de « la qualité du travail ». C’est dans ce contexte que notre fédération CGT a pris connaissance du dispositif mis en place par nos camarades de Renault. Leur situation faisait écho à la nôtre : augmentation des situations de souffrance, dissolution des collectifs traditionnels de travail, intensification des processus de production, départ massif des anciens, salariés et militants, précarisation de l’emploi des jeunes. Cela les a conduits à organiser une formation d’un type nouveau puisqu’il s’agissait de mettre à disposition des militants des connaissances ergonomiques pour conduire des analyses des situations de travail. Il s’agissait de les aider à construire une approche revendicative ancrée dans les situations de travail des salariés, au plus près des processus de production, des difficultés du quotidien, et des empêchements générés par les politiques des directions. Notre Fédération s’en est inspirée pour organiser son propre dispositif. Avec un objectif particulier, non atteint à l’époque chez Renault, celui de construire une formation durable. Notre dispositif fédéral s’est organisé en deux sessions « expérimentales » en 2015 et 2017, organisant une forme d’alternance entre apports théoriques et activité militante sur le terrain : observation des situations de travail, entretiens avec les agents, analyse des difficultés et dysfonctionnements, élaboration des revendications avec les agents. Le bilan de ces actions est très positif : les phases terrain ont provoqué une véritable mobilisation des collectifs avec lesquels les camarades ont travaillé sur leurs situations en réalisant avec eux de véritables expertises enracinées dans les réalités concrètes. Ces actions ont remobilisé des agents, se sont traduites par un développement de notre influence, des adhésions. Elles ont été un véritable antidote au fatalisme et sont apparues comme un véritable levier pour notre activité revendicative. Notre Fédération étudie aujourd’hui les conditions de son développement et de sa généralisation

 

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Secteur Fédéral des Cheminots des Services Centraux

14, rue Campra

93210 La Plaine St Denis

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Externe 09 51 82 53 98

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cgtchem.centraux@laposte.net

Notre site internet :  http://cgt-cheminots-centraux.reference-syndicale.fr/

 

 

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