NIOUZELAITEUR CGT CENTRAUX Bulletin hebdomadaire n° 39 Mars/Avril 2018

LES USAGERS ET LES CHEMINOTS BLOQUÉS !

En effet, la direction SNCF a décidé d’afficher un plan de transport fortement dégradé sur certaines lignes et régions. Elle a visé en priorité les trains dans lesquels les manifestants ont fait des réservations, mais a bloqué avec eux des milliers d’usagers. Dégrader volontairement les conditions de transport alors qu’il est possible de faire autrement, relève d’une manipulation scandaleuse qui prend à partie les usagers et les citoyens en général. C’est irresponsable et dangereux ! Comment la direction justifie-t-elle, par exemple, que sur l’axe Lyon Paris, et alors que les ressources étaient disponibles, elle fasse le choix de laisser les trains à quai ? Des éléments similaires nous remontent de toute la France.  De plus, l’annonce de la fermeture des réservations sur les jours de grève prévus en avril interroge. Cela signifie que la direction SNCF s’apprête à refuser la négociation et donc à provoquer le conflit. Pour rappel, le 8 février dernier, la CGT avait reporté sa manifestation nationale en raison de conditions climatiques qui compromettaient le bon déroulement de cette initiative, et qui aurait pu provoquer la pagaille dans les gares et dans les trains. Nous constatons que face à des organisations syndicales responsables, la direction choisit de jeter de l’huile sur le feu. Les cheminots et leurs organisations syndicales, ne sauraient être les boucs émissaires d’un gouvernement et d’une direction qui refusent d’entendre les propositions formulées notamment par la CGT, à travers un rapport sur l’avenir du service public ferroviaire, remis récemment au Premier ministre.  Ils ne pourraient être tenus comme responsables de faits, de propos, ou d’absence de décisions qui ne viseraient qu’à ternir leur image alors même que l’exigence d’un débat public sur la SNCF est plus que jamais nécessaire et d’actualité.


22 MARS 2018, LES CHEMINOTS MOBILISÉS ET DÉTERMINÉS !

Le cortège a été rejoint par d’importantes délégations de cheminots européens, des associations d’usagers ainsi que des collègues de la restauration ferroviaire, des entreprises ferroviaires privées, de la RATP, d’EDF/GDF, etc. L’ampleur du rapport de force doit conduire le gouvernement à ouvrir de réelles négociations. La Fédération CGT des Cheminots a remis au Premier ministre un projet complet nommé « Ensemble pour le Fer ».  Aussi, les fédérations syndicales représentatives ont établi une plateforme commune sur les 8 points suivants : la dette et le financement du système ferroviaire, la relance du transport ferroviaire de marchandises, le statut juridique de l’entreprise, l’organisation de la production, la ré-internalisation de charges de travail, l’ouverture à la concurrence, les droits sociaux des cheminots et les garanties sociales.  La CGT a déposé à la direction 41 924 signatures de cheminots portant sur la défense et l’amélioration de nos droits ainsi que 84 cahiers revendicatifs locaux pour exiger en proximité des moyens pour le service public ferroviaire.  La mobilisation des cheminot-e-s ne doit pas faiblir et au contraire s’élargir à un maximum de cheminot-e-s quels que soient leur collège et métier.  Les 03 et 04 avril 2018 doivent être deux très fortes journées de mobilisation par la grève pour imposer l’ouverture de réelles négociations allant dans le sens d’une autre réforme du système ferroviaire.


UNE SNCF EFFICACE,  DES CHEMINOTS FIERS DE LEUR TRAVAIL C’EST POSSIBLE !

La réforme qu’on nous propose est constituée de mesures technocratiques, déconnectées des besoins des usagers et des cheminots pour travailler correctement.  Les organisations syndicales CGT –  UNSA ferroviaire – SUDRail – CFDT exigent d’autres mesures, assises sur leurs propositions et leurs revendications. La dette du système ferroviaire doit être reprise par l’Etat sans contrepartie car ce n’est qu’un rappel de factures pour les décisions qu’il a prises et qu’il doit assumer. Des financements pérennes doivent être apportés pour assurer le développement du service public ferroviaire, notamment pour garantir ses missions d’aménagement du territoire et de continuité territoriale, par la préservation des lignes de proximité, leur régénération, leur développement. La relance du transport de marchandises par fer Le Fret ferroviaire SNCF ne doit pas être filialisé. Une véritable politique de relance et de report modal doit être décidée, appuyée par des moyens, notamment pour répondre aux enjeux environnementaux et ne pas laisser dépérir l’activité à petit feu. La SNCF doit rester sous statut d’EPIC, propriété de la Nation et non objet de tractation et de spéculation financière. Une réorganisation complète de la production doit mettre fin au cloisonnement par activités, réactiver une véritable coopération opérationnelle entre les cheminots, et assurer le retour à la qualité de service qu’exigent les usagers. Les activités externalisées doivent être réintégrées dans le triple objectif de mettre fin au surcoût de la sous-traitance, d’améliorer leur statut social avec les personnels qui en ont la charge, et de regagner la maîtrise complète de la production pour en assurer la qualité et la sécurité. La concurrence est un mauvais système qui se base uniquement sur le dumping social, qui n’est pas adapté aux contraintes techniques de l’exploitation ferroviaire et qui ne permettra pas de développer le service public ferroviaire. Pour cela, le gouvernement doit s’appuyer sur les exceptions prévues dans la règlementation européenne.  Le statut doit être confirmé comme la règle, y compris pour les futures embauches. Il doit être amélioré ainsi que les droits des contractuels.


STOP AU HARCÈLEMENT DES AGENTS D’ENCADREMENT ! LE DROIT DE GRÈVE APPARTIENT À TOUS LES SALARIÉS !

Dans un contexte de pression gouvernementale maximale pour réformer le Statut des cheminots, diabolisé pour camoufler l’ineptie de choix politiques et économiques successifs néfastes pour la pérennité de l’entreprise historique de transport ferroviaire en France, la DIRECTION du GPF SNCF cherche à organiser sa riposte en mobilisant son encadrement pour le préparer à assurer les programmes minimums de circulation, en lieu et place des agents grévistes. Ceci n’est pas nouveau et n’est pas de nature à nous étonner ! Ce procédé par INJONCTION, CHANTAGE, PRESSIONS par envois répétés de SMS et autres pratiques violentes est INSUPPORTABLE et REVOLTE les Organisations Syndicales CGT, UNSA Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT ! Les agents d’encadrement, comme tous les autres agents, revendiquent le droit dévolu à tout salarié de prendre position librement, hors de toutes contraintes, sur le fait de s’inscrire ou pas dans la contestation ! Que vous soyez cadres de tous niveaux, agents de maîtrise managers opérationnels ou pas, vous êtes capables tous les jours d’assumer vos responsabilités pour assurer le service rendu aux usagers et aux chargeurs, souvent dans des conditions précaires et complexes. Vous saurez donc prendre les bonnes décisions pour votre avenir et, si vous le souhaitez, manifester votre volonté d’action pour sauvegarder votre Statut, rien n’y personne ne doit vous en empêcher ! Cadres, Agents de maîtrise de tous niveaux, vous êtes LIBRES, AUTONOMES, RESPONSABLES et les Organisations Syndicales représentatives sont à vos côtés pour le revendiquer. 

Pour dire « NON ! » : à la casse du mode ferroviaire,  à la réduction du service public,  au démantèlement de l’entreprise publique,  à la régression sociale impactant l’ensemble des salariés actifs et retraités du GPF SNCF et de la branche ferroviaire. 


UNE DIRECTION AUX ABOIS

La direction sent monter une lame de mécontentement des cheminots face au projet de réforme du ferroviaire visant à détruire leur entreprise. Elle sonde les cheminots via l’encadrement mais également via les officines de sondages. Le résultat est sans appel, les cheminots sont déterminés à défendre leur entreprise et le service public ferroviaire. Face à cette mobilisation qui s’annonce forte et sur une longue période, la direction perd tout sens commun et multiplie les attaques en tout genre envers les cheminots. Toutes les idées les plus farfelues y passent dès lors qu’elles peuvent potentiellement entraver la mobilisation des cheminots (atteinte au droit de grève, entrave à la distribution des tracts, …). La direction n’a pas pris l’ampleur du ras le bol dans l’entreprise. Depuis des mois, par son arrogance elle a maltraité les cheminots à coup de conseils de discipline, de sanctions. Elle a précarisé financièrement de nombreux cheminots par le gel des salaires qu’elle impose depuis déjà 3 années. Elle a dans le même temps freiné les déroulements de carrière. Aujourd’hui, toutes ces brimades viennent se conjuguer avec le projet de réforme du gouvernement qui vise à la casse du service public ferroviaire, à la privatisation de leur entreprise et à la casse de leur statut. Face à une direction aux abois, les cheminots sont sereins et prêts à passer à l’action sur la durée. C’est l’inscription dans la durée de la mobilisation qui agite la direction et le gouvernement.


TOUS LES COUPS SONT PERMIS ?

Elle reconnaît être incapable d’établir un plan de transport correct en dehors des périodes de grève annoncées par l’intersyndicale du fait de la désorganisation des services que ses restructurations ont provoquée ces dernières années. Les cheminots avaient été habitués à la violence de la Direction SNCF lors des conflits : refus de négociation, huissiers sur les piquets de grève pour pousser les grévistes à la faute, prélèvement des jours de grève concentrés au maximum pour casser économiquement les agents et leur famille, etc… Mais cette fois-ci, il semble que la Direction ne se fixe plus aucune limite : lock out des bâtiments de direction pour imposer aux cadres d’aller remplacer les grévistes ; appel à la main d’œuvre étrangère des filiales pour venir travailler dans les sites français pendant la grève (des cheminots anglais de Leyton ont été sollicités pour travailler au Landy, en région parisienne) ; directive aux établissements de considérer les préavis indépendants de 2 jours comme un seul préavis afin de procéder à des retenues supplémentaires au titre des repos. La CGT va donc également interpeller les pouvoirs publics sur leur soutien aux démarches scandaleuses d’une Direction qui a perdu tout sens de la mesure et des réalités. Si le gouvernement cautionne ces pratiques, alors il prendra la responsabilité de la montée des tensions qui en résultera. Nous pouvons constater que les cheminots ne sont pas les seuls à en être victimes : la semaine dernière, l’administration de la faculté de Montpellier a laissé des milices ultra-violentes pénétrer l’université pour tabasser les étudiants qui se réunissaient en Assemblée Générale ! Le doyen a été contraint à la démission grâce à la réaction collective des personnels et des étudiants. La CGT appelle le Gouvernement à se ressaisir et, s’agissant de la SNCF, à ouvrir dans les plus brefs délais des négociations sur les 8 thèmes revendicatifs identifiés par l’intersyndicale pour l’avenir du service public ferroviaire.


  LA BATAILLE EST LANCÉE !  

Le débat parlementaire sur le projet de loi d’habilitation qui fixe les grands axes sur lesquels le gouvernement est autorisé à légiférer par ordonnances, débute le 9 avril prochain. La loi d’habilitation pourrait être votée le 12 avril. Préalablement, un débat doit avoir lieu du 3 au 5 avril en commission du développement durable et des affaires économiques de l’Assemblée Nationale. Les amendements des différents groupes parlementaires seront également examinés. Ensuite, le Gouvernement publiera les ordonnances qui n’auront la force de loi que si elles sont ratifiées par le Parlement; Même si les ordonnances sont publiées, l’intervention des cheminots reste légitime et nécessaire pour en faire modifier le contenu. Le Conseil d’Etat a dix jours pour valider la légalité du contenu des ordonnances.  En dernier lieu le Parlement aura à voter une loi de ratification.  Si cette dernière n’est pas votée, les ordonnances n’ont plus aucune valeur légale.  Le calendrier gouvernemental est prévu de s’étendre sur trois mois avant qu’une éventuelle loi de ratification soit adoptée. C’est la raison pour laquelle la mobilisation des cheminots doit s’inscrire dans la durée. La dette du système ferroviaire doit être reprise par l’Etat sans contrepartie. Des financements pérennes doivent être apportés pour assurer le développement du service public ferroviaire. Ce que la CGT propose : • Création d’un pôle financier public pour donner la priorité à l’emploi, à la création de richesses dans les territoires et à la préservation de l’environnement, et non plus à la recherche de la rentabilité des capitaux. • Création d’une Caisse d’Amortissement de la Dette Ferroviaire de l’Etat (CADEFE) afin de libérer le système ferroviaire de ce poids (1,7 Md€ d’intérêts par an).  • Nationalisation des autoroutes et utilisation des profits pour alimenter la CADEFE.  • Mise en œuvre de l’Eco Taxe poids lourds. Ces nouvelles ressources financières permettraient également d’apurer la dette. • L’utilisation de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques (TICPE) pour le financement des infrastructures de tous les transports. • La création d’un Versement Transport Régional (VTR) additionnel qui permettrait de doter les régions d’une ressource provenant du secteur économique, principal bénéficiaire du système des transports régionaux. • Arrêt des Partenariats Public-Privé (PPP) qui ne servent que l’intérêt de groupes du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage). La Fédération CGT appelle l’ensemble des cheminots à entrer dans l’action et à élargir la mobilisation. Nous engageons une grève de 2 jours sur 5 à compter des 3 et 4 avril 2018. Chaque séquence de grève sera couverte par un préavis distinct. A chaque séquence, une nouvelle D2I devra être déposée pour les cheminots qui y sont soumis. L’ensemble des cheminots devra signifier sa remise à disposition à l’issue de la période de grève.  Ils peuvent saisir cette occasion de négocier avant chaque période de grève. Mais pour l’instant ils s’y refusent.  C’est une attitude irresponsable ! Ne nous laissons pas intimider par des manœuvres illégales ! Le droit de grève est un droit constitutionnel, qui est certes encadré par la loi scélérate de 2007 sur le service minimum, mais qui ne remet pas en cause le libre choix des modalités pour l’exercer. (pour en savoir plus sur les propositions CGT voir tract du 2 avril 2018).

Nous contacter

Secteur Fédéral des Cheminots des Services Centraux

14, rue Campra

93210 La Plaine St Denis

Tél. SNCF 38 64 14 

Externe 09 51 82 53 98

Notre adresse mail

cgtchem.centraux@laposte.net

Notre site internet :  http://cgt-cheminots-centraux.reference-syndicale.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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