NIOUZELAITEUR CGT CENTRAUX Bulletin hebdomadaire n° 37 Janvier/Février 2018

THÉÂTRE AU MINISTÈRE DES TRANSPORTS : LA MAUVAISE FARCE A ASSEZ DURÉ !

La ministre des Transports, ex-directrice de la stratégie à la SNCF, feint d’ignorer les véritables raisons de la situation liées aux mauvais choix opérés depuis des années, y compris lorsqu’elle était membre du Comité Exécutif de la SNCF. Les agitations médiatiques de la direction SNCF avec la complicité du gouvernement ne nous détourneront pas de l’urgence : maintenir le train public. La réforme ferroviaire a éclaté la SNCF en trois EPIC distincts, elle a rendu plus complexe les relations entre les différents services de l’entreprise séparés dans 3 entités et n’a pas réunifié le gestionnaire de l’infrastructure (ex RFF) et le transporteur (la SNCF). En définitif, elle a accentué les difficultés qui existaient déjà au préalable. En outre, elle n’a pas réglé la question du financement et de la dette. Pourtant, en juin 2014, lorsque les cheminots ont cessé le travail afin d’imposer une autre réforme, ils étaient qualifiés d’irresponsables par le gouvernement d’alors. Les investissements de ces dernières décennies, notamment dans les LGV au détriment du réseau classique, ont été imposés par l’Etat à la SNCF. Il est inconcevable de vouloir faire supporter cette dette aux usagers et aux cheminots. Il convient cependant de ne pas opposer le réseau à grande vitesse au réseau classique, ils doivent être complémentaires. Le poids de la dette est prétexte à la fermeture de gares, de lignes, de guichets, à la suppression massive d’emploi cheminot (+ de 2000 prévus ). En attendant, elle génère chaque année 1,7 milliards d’euros d’intérêts qui part directement dans la poche des banquiers. Les conclusions de la mission confiée à l’ex-PDG d’Air France seront sans surprise. Elles auront vocation à justifier une nouvelle réforme en stigmatisant au passage les cheminots, leur statut. C’est pourtant ce statut qui, malgré des contraintes fortes acceptées par les cheminots, garantit la continuité du service public, un haut niveau de formation et de technicité, une approche de la sécurité des circulations placée au-dessus de tout le reste. La CGT n’acceptera pas que les cheminotes et les cheminots soient les boucs émissaires de ceux qui ont décidé d’en finir avec la SNCF. (pour en savoir plus voir tract du 08/01)


Alors que le rapport Spinetta a été remis au Premier Ministre et que celui-ci a reçu les représentants des collectivités, des usagers, et les Présidents des EPIC SNCF, Edouard Philippe n’a pas daigné recevoir les organisations syndicales. C’est un signe de mépris évident pour les cheminots. C’est donc la Ministre des Transports qui a reçu la délégation CGT le 19 février 2018. La Ministre a tenté de déminer le sujet des petites lignes sur lequel le Gouvernement est attaqué de toutes parts. Elle affirme que la proposition du rapport qui prévoit de ne plus financer les Contrats de Plan Etat Région (CPER) ne sera pas retenue. Pour autant, lorsque la CGT l’interroge sur les moyens qu’elle va attribuer à leur régénération, elle affirme que les subventions publiques seront concentrées uniquement sur les travaux des nœuds ferroviaires des métropoles. Les petites lignes sont donc bien toujours menacées de fermeture ou de chantage aux collectivités pour leur reprise. La délégation CGT a voulu débuter son intervention sur les manques du rapport Spinetta : à aucun moment il n’est fait référence à des mesures concrètes pour répondre aux attentes des usagers sur une meilleure accessibilité au train et sur une meilleure qualité ou régularité du service public. Sur l’ouverture à la concurrence, la CGT a prouvé qu’il s’agit uniquement d’un choix politique du Gouvernement et qu’il pourrait tout aussi bien décider de ne pas la mettre en œuvre, ce qui est confirmé implicitement par le rapport Spinetta qui propose de la repousser jusqu’à 2039 pour certaines lignes de région parisienne. Au final, il n’y a eu aucune nouvelle information et le Gouvernement confirme sa politique anti-ferroviaire. Le Premier Ministre fera des annonces lundi 26 février 2018 concernant le futur projet de loi. La CGT appelle les cheminot-e-s à se mobiliser massivement le 22 mars 2018 lors de la manifestation nationale. A cette occasion, les cahiers revendicatifs locaux des syndicats seront déposés pour exiger une politique d’amélioration du service public, ainsi que la pétition « touches pas à mes droits ! ». La CGT appelle également les cheminot-e-s à se préparer à se défendre si le Gouvernement choisissait le passage en force.


Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions

Communiqué des Administrateurs CGT des conseils de surveillance et d’administration de la SNCF

SNCF : DYSFONCTIONNEMENTS, INCIDENTS… QUI PEUT ENCORE ÊTRE SURPRIS ?

Le mois de décembre 2017 a été à nouveau marqué par plusieurs incidents impactant fortement la circulation des trains de Paris Montparnasse et Paris St Lazare. Tous les jours, pourtant, les cheminot-e-s, quel que soit leur collège et fonction, font leur maximum, dans des conditions bien souvent dégradées, pour assurer la production qui, au fil des ans et des politiques menées, s’est éloignée du niveau de qualité et de ponctualité qui faisait la réputation de la SNCF. Depuis 2002 et la mise en oeuvre du plan de productivité « STARTER », tous les budgets de la SNCF se sont ressemblés : contraction de la masse salariale, augmentation de la productivité, développement de la sous traitance, … La mise en oeuvre de la réforme du système ferroviaire de 2014 n’a rien changé dans le scénario qui continue à s’appliquer malgré les difficultés croissantes auxquelles sont confrontées les cheminot-e-s et les usagers. Le budget 2018 en est malheureusement la preuve concrète ! Alors que la direction de SNCF Réseau prévoyait d’augmenter les effectifs de 131 unités, les ministères et l’APE ont exigé de la direction, pour respecter les sacro-saints ratios et indicateurs financiers, qu’elle revoit sa copie. Résultat : le niveau des effectifs sera, au mieux équivalent à 2017, alors que le volume de travaux est en constante augmentation. Pour le budget de l’EPIC de tête, les suppressions d’emploi s’alourdissent de 30 soit un total de 252 sur un effectif global de 8685. Quant à SNCF Mobilités, après 2065 suppressions en 2017, ce ne sont pas moins de 2056 qui sont inscrites au budget. Dans ces conditions, comment la ministre Elisabeth BORNE peut-elle s’étonner du niveau d’incidents et de leurs conséquences sur les conditions de transports des usagers, sauf à penser que les représentants des ministères et de l’APE agissent depuis des années en toute autonomie ! Si l’on veut retrouver un système ferroviaire sûr, ponctuel et fiable, l’Etat doit pleinement jouer son rôle ! En premier lieu, il doit solutionner le problème de la dette liée au financement des infrastructures qui pèse lourdement sur la SNCF. En second lieu, il doit fixer une feuille de route ambitieuse et claire à la direction, au travers de nouveaux moyens et de nouvelles orientations afin de construire, de manière durable, le service public ferroviaire du XXIème siècle dont notre pays a besoin ! (pour en savoir plus voir tract du 04/01)


PLAN D’URGENCE AU SI

Les réorganisations à venir risque, d’avoir un impact considérable sur notre système d’informations (SI) et ses métiers. Comme chacun le sait, le SI doit sans cesse se transformer pour accompagner ces changements. Le travail de sape commencé lors de la réforme de 2014 risque donc de se poursuivre cette année encore. En fin d’année certains managers ont déjà fait écho à leurs équipes du projet de suppression de la DSI Voyageurs. Celui-ci devrait passer devant les Instances Représentatives du Personnel au premier trimestre. Ce projet vise à l’éclatement de la DSI par activité. Chaque direction déléguée qui compose l’actuelle DSI Voyageurs deviendrait une DSI indépendante rattachée à sa direction métier.  La possibilité de filialiser certains services, comme la distribution, a même été évoquée, avec le rapprochement d’autres filiales comme VSCT et Avancial. Interpellée par les élus CGT, la direction semble malgré tout faire marche arrière sur ce dernier point. L’éclatement du SI Voyageurs permettrait d’accompagner l’éclatement de l’entreprise en préparant l’ouverture à la concurrence et le transfert d’activités.  La CGT revendique une entreprise unique et intégrée ce qui passe par un SI unique et intégré. Cette réorganisation ne serait pas sans conséquence sur les fonctions transverses de la DSI comme les services RH, comptabilité et achats, où des suppressions de postes sont annoncées et les agents invités à se trouver un nouveau poste. En 2017, le volume d’emploi a encore baissé. Cependant la charge de travail reste la même. Les dysfonctionnements des centres de services, les incidents à répétition et les incessantes réorganisations ont même tendance à augmenter cette charge. 2017 aura vu une énième réorganisation des DSI de l’EPIC SNCF, réuni sous l’égide « d’ESNCF », ainsi que la présentation de la « Roadmap Technologique » ou le projet d’externalisation du Système d’informations du GPF.  Parmi les mesures phares de ce projet figure la fermeture de nos centres d’exploitation informatique et donc l’externalisation de notre infrastructure informatique. Les données de l’entreprise et des cheminots jusqu’ici hébergées en interne dans nos DATA CENTER pourraient se retrouver hébergées par une entreprise privée, voire même en ligne ! Ce qui pose en plus de la question de l’emploi, la problématique de la sécurité de nos données. maintenant une partie de son infrastructure. (pour en savoir plus voir tract du 18 janvier 2018)


IMPENSABLE

Le 30 novembre 2017, un agent travaillant dans les postes d’aiguillages du bassin Thouarsais a tenté de mettre fin à ses jours en gare de Luché, en s’intoxiquant à l’aide de bouteilles de gaz. Une explosion accidentelle l’a empêché d’aller au bout de cet acte désespéré, lui causant toutefois de graves brûlures aux mains et au visage. Loin de mesurer ou de prendre en considération la détresse de cet agent, la direction a rapidement envisagé de porter plainte pour destruction de matériel !  Face à la pression des militants CGT et à l’incompréhension qu’une telle décision aurait suscitée chez les cheminots, elle s’est ensuite ravisée. Les conséquences induites par la récente restructuration des postes du bassin Thouarsais, source du malaise psychologique de l’agent, dont les états de service sont excellents, ne peuvent être ignorées.  La direction a refusé l’expertise contradictoire demandée par les mandatés du CHSCT ! Craignait-elle de voir sa responsabilité explicitement engagée ? Cet évènement grave intervient dans un contexte de répression lourde et arbitraire au sein de l’Établissement Infra-Circulation des Pays de la Loire. La politique managériale du soi-disant « juste et équitable » s’est traduite en quelques mois par de nombreuses journées de mise à pied, une mutation disciplinaire et un licenciement à l’encontre d’agents pourtant tous reconnus pour leur professionnalisme ! En revanche, l’ensemble des propositions pragmatiques de la CGT, visant à améliorer la formation continue et le management de la sécurité, ont été balayées d’un revers de main, par une direction enfermée dans ses certitudes comme dans ses contradictions. En ce sens, non satisfaite de ne pouvoir porter plainte contre l’agent, elle a décidé d’engager une procédure disciplinaire interne ! La CGT considère cette décision inacceptable ! Si elle devait être maintenue, elle favoriserait de toute évidence un accroissement des risques psychosociaux.  Le 9 février, la CGT cheminots des Pays de la Loire assistera donc cet agent lors de son entretien disciplinaire et s’emploiera à faire valoir la Raison face à l’arbitraire, l’impensable, l’inacceptable. La Fédération des Cheminots réaffirme qu’elle ne lâchera rien face à une direction qui semble avoir perdu la tête.


Communiqué de presse

Mise en place des Comités Sociaux et Economiques à la SNCF Négociations suspendues !

Après une première table ronde avec la direction de l’entreprise en décembre 2017 qui avait pour objectif une lecture commune du contenu des ordonnances MACRON, les organisations syndicales CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT se sont réunies afin d’analyser la mise en place des CSE au sein de la SNCF. Un projet d’accord unitaire a été élaboré et remis à la direction de l’entreprise le 17 janvier 2018. Il tient compte de la réalité de la production du GPF et des impératifs du service public. Proposition qui vise notamment à maintenir des représentants du personnel en proximité, respectant le droit statutaire et la prise en charge des revendications individuelles et collectives, afin d’assurer une bonne représentativité des cheminots sur les lieux de travail. Le 30 janvier 2018, la direction de la SNCF a fait parvenir son projet de texte à l’ensemble des organisations syndicales représentatives. Texte qui ne reprenait aucune des propositions émises par les organisations syndicales CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT, certains passages étant même en deçà du contenu des ordonnances gouvernementales, une véritable provocation. Lors de la table ronde du 02 février 2018, les organisations syndicales unanimement, ont considéré les propositions de la direction comme étant un réel affront au dialogue social dans une entreprise publique de 150 000 cheminots, avec plus de 500 métiers, implantée sur l’ensemble du territoire et où les sujets de sécurité des circulations, du personnel et des usagers sont importants et doivent demeurer la priorité. Face à cette situation, les organisations syndicales CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT ont demandé à la direction d’ouvrir de véritables négociations permettant de prendre en compte leurs propositions sur la base de leur projet unitaire. Confrontées au refus de la direction, les organisations syndicales ont décidé d’ajourner la table ronde de négociations. Elles restent disponibles pour entamer une véritable négociation sérieuse et sincère permettant d’aboutir à un accord favorisant un dialogue social de qualité et en proximité.


NATIONALISER LES PERTES  ET PRIVATISER LES PROFITS !

Le rapport Spinetta sur l’avenir du ferroviaire a été remis au Premier Ministre le 15 février 2018. Il contient 43 propositions qui confirment la politique anti-ferroviaire du Gouvernement. Les petites lignes devront être fermées, après une étude socioéconomique histoire de laisser l’espoir à chaque élu qu’il conservera sa ligne.  Le FRET sera filialisé. Les TER devront couvrir leur coût complet et pour cela il y aura une hausse de la redevance des Régions… Après modification de la tarification des péages du TGV qui sera partiellement indexée sur le chiffre d’affaires, les lignes qui seront toujours déficitaires devront faire l’objet de compensation de l’Etat ou des Régions puisque la péréquation ne peut plus s’appliquer dans un système concurrentiel. Il y aura suppression de la régulation tarifaire, c’est-à-dire du prix maximum qui peut être appliqué pour une place. Les fonctions transverses de l’EPIC de tête seront externalisées. Les fonctions système seront transférées à l’EPSF ou autre.  La gestion de crise sera transférée à SNCF Réseau. La SUGE deviendra indépendante. Bref : l’EPIC SNCF, dit « de tête », disparaît comme la CGT l’avait prédit en 2014 ! L’ARAFER définira le niveau de productivité à atteindre chaque année. Autrement dit, SNCF Réseau sera dirigé par l’ARAFER. L’investissement de régénération supporté par SNCF Réseau devra être accru progressivement de 500 millions par an et financé par la productivité. L’indexation des péages devra être revue à la baisse pour favoriser le modèle économique des nouveaux entrants. Ces mesures seront partiellement financées par une hausse du dividende versé à SNCF Réseau par SNCF Mobilités. Les autres entreprises ferroviaires qui gagneraient des marchés ne seront pas soumises à une taxation pour financer également la régénération… La dette ne serait que partiellement reprise. SNCF Mobilités et SNCF Réseau seront transformés en Sociétés Anonymes, première étape de la privatisation. ERMEWA, GEODIS et ICF HABITAT seront vendus. Les nouveaux embauchés seront en contrat de droit privé. Pour les cheminots qui bénéficient actuellement du Statut, il faudra engager une négociation sur son contenu pour s’aligner sur les concurrents : CPR, RH0077, dictionnaire des filières, notations et frais de structure. Mise en place d’un plan de départs volontaires pendant 2 ans. Les « engagements » de 2014, que l’UNSA et la CFDT avaient mis en avant pour accepter la réforme ferroviaire, sont définitivement enterrés (notamment le caractère indissociable et solidaire du GPF soi-disant garanti par la loi). La CGT avait raison. Espérons que cela serve de leçon pour les « promesses » actuelles… Le rapport confirme que la concurrence n’est pas obligatoire à partir de 2023 puisque pour la région parisienne elle s’étalera de 2023 à 2039 au motif de la complexité du réseau et du caractère sensible de sa gestion. Les petites lignes sont supprimées « si la route offre une alternative », donc priorité à la route !  Aucune analyse sur le fonctionnement interne de la SNCF et notamment la gestion par activité/produit/axe. Les besoins des usagers ne sont pas la priorité du Gouvernement. (pour en savoir plus voir tract du 20 février 2018)

Nous contacter

Secteur Fédéral des Cheminots des Services Centraux

14, rue Campra

93210 La Plaine St Denis

Tél. SNCF 38 64 14 / externe : 09 51 82 53 98

Notre adresse mail

cgtchem.centraux@laposte.net

Notre site internet :  http://cgt-cheminots-centraux.reference-syndicale.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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