NIOUZELAITEUR CGT CENTRAUX Bulletin hebdomadaire n° 34 Octobre 2017

POURSUIVONS L’ANCRAGE !

A ce stade, les ordonnances ne sont pas encore force de loi tant qu’elles ne sont pas ratifiées par le parlement. L’heure est donc à l’ancrage des mobilisations dans les entreprises. La CGT a fait des propositions pour un Code du Travail simplifié, mais plus protecteur pour l’ensemble des salariés dans cet environnement socio-économique où les libéraux voudraient passer en force leur projet de régression sociale. Au sein du GPF, la CGT Cheminots fait, depuis le début du processus revendicatif entamé le 12 septembre dernier, le lien entre les sujets professionnels et interprofessionnels : contre les ordonnances du gouvernement et pour de nouveaux droits pour tous les salariés, pour des embauches au statut à la SNCF, pour des augmentations générales des salaires et la réévaluation des pensions, pour l’arrêt des restructurations qui démantèlent notre entreprise et séparent les cheminots des différents services, pour l’amélioration des conditions de travail de tous et pour un dialogue social de qualité.

Il faut donc continuer à travailler l’ancrage de l’action dans l’ensemble de nos chantiers SNCF. Pour l’heure, la Fédération CGT invite les cheminots à s’associer aux manifestations de la fonction publique organisées en territoire le 10 octobre prochain, bien que celles-ci ne constituent pas une suite directe au processus interprofessionnel engagé concernant les ordonnances. En effet, il convient de réaffirmer, par notre solidarité, l’attachement de toutes et de tous à des services publics (hôpitaux, écoles, administrations…) de qualité avec des agents correctement formés, rémunérés et dont les conditions de travail doivent être améliorées.


Pour la direction SNCF : « FRET SNCF doit devenir une entité juridique en dehors de l’EPIC pour favoriser sa recapitalisation. FRET SNCF doit connaître des ruptures organisationnelles pour sortir du financement public … ». Pour la CGT, le développement du Fret SNCF est essentiel à bien des égards. En effet, l’entretien de nombreuses lignes et donc le maintien du trafic voyageurs est intimement lié à celui du Fret. Alors que le réseau capillaire subit un défaut de financement de sa maintenance, le retrait du Fret SNCF condamnerait encore plus vite de nombreuses lignes. Supprimer 3 000 nouveaux emplois et considérer que la filialisation, voire la privatisation du Fret SNCF serait la solution, est une stratégie vouée à l’échec, comme celle de l’ouverture à la concurrence du transport de marchandises par voie ferrée lancée en 2006. (pour en savoir plus voir tract du 18 octobre 2017)

 


Quand il faudra pointer tous les jours à Pole Emploi…

SUPPRESSIONS ET EXTERNALISATIONS DES CAISSES PRINCIPALES !

Suppressions d’emplois et externalisations des caisses principales ; les conséquences du désengagement de l’Etat et de la mauvaise réforme du système ferroviaire n’en finissent plus de résonner dans tous les chantiers.  Lors de la réunion du 11 octobre 2017 (bilatérale CGT/Direction Voyages), la Direction a pour le moins été très claire. Les caisses de Bordeaux, Caen, Nantes, Orléans, Rennes, Toulouse, Nord Ile De France, Paris Austerlitz, Paris Est, Paris Lyon, Paris Montparnasse, Paris Nord, Amiens, Douai, Metz, Strasbourg, Annecy, Dijon, Lyon Perrache, Marseille, Montpellier et Nice, devront selon ses schémas, disparaitre d’ici 2021. Pourtant, depuis 2010, les cheminots des caisses ont subi de nombreuses réorganisations et les effectifs ont déjà fondu de 25%. A court terme, les 174 emplois ETP (Equivalents Temps Plein) des caisses principales sont menacés. D’ailleurs, les suppressions des caisses de Toulouse, Caen et Nice sont, d’ores et déjà, programmées pour le début de l’année 2018 ! La Direction s’est acharnée depuis de nombreuses années à supprimer les guichets des gares et des boutiques. Les files d’attente trop longues et l’absence de guichets en gare ont contraint peu à peu les usagers à se tourner vers le digital (internet et distributeurs automatiques). A présent, la Direction met en avant que les perspectives de baisse des transactions dans les guichets, conséquence directe de sa politique, entrainent une baisse de charge pour les caisses et condamnent leur avenir. Selon les estimations de la Direction, la baisse des transactions aux guichets correspond à la suppression de 70 emplois (ETP). Cet enchainement, suppressions des guichets/suppressions des caisses principales, est orchestré de longue date. D’ailleurs, elle encourage la poursuite de la destruction de la vente physique aussi bien au niveau de l’activité Voyageurs que dans le cadre des négociations autour des conventions TER, et se garde bien de ne pas prendre en compte une évolution des recettes des contrôleurs pour ne pas avoir à revoir son objectif. Pour la CGT, les modes de distribution ne s’opposent pas mais sont complémentaires. Il est donc nécessaire de développer le réseau de distribution physique (guichets et boutiques) afin de répondre aux besoins de tous les usagers.


AGENCES PAIE ET FAMILLE CHEMINOTS : NOS DROITS MENACÉS !

La Direction déclare qu’il n’y a pas de fusion d’APF « en cours », ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de projet de fusion, voire de fermeture d’APF. Les orientations de la Direction nationale visant à alléger les frais en termes de patrimoine et de dépenses immobilières pèsent sur l’avenir des petites agences. Les cheminots sont de moins en moins souvent gérés par des collègues en proximité, l’accueil physique est limité, voire fermé, ce qui rend encore plus compliqué la gestion de tout problème éventuel, que ce soit concernant la fiche de paie ou tout autre sujet personnel majeur. La baisse des effectifs s’accentue, mais la charge de travail ne faiblit pas ! La Direction Nationale impose une extrême polyvalence et une poly-compétence aux gestionnaires comme aux dirigeants, qui détériorent gravement les conditions de vie et de travail des cheminots des APF tous collèges confondus, engendrant une explosion des RPS. Pour la CGT, le retour à la triple compétence du métier de gestionnaire du personnel doit s’accompagner du volume d’emploi nécessaire pour les collèges exécution, maîtrise et cadre, de manière à respecter les contours métiers et à permettre une organisation du travail efficace. Les nouveaux outils imposés par la Direction nationale aux APF sont souvent inadaptés et rendent le travail moins précis, plus long, plus compliqué. Ces nouveaux outils entrainent de nouvelles sources d’erreurs et donc un travail supplémentaire de contrôle. Le travail en APF évolue et exige de plus en plus de nouvelles compétences, mais la reconnaissance professionnelle n’y est pas, que ce soit pour les gestionnaires comme pour leurs Dirigeants. La CGT demande une étude de requalification des postes tous collèges, en cohérence avec les nouvelles exigences métier. La juste rémunération du travail est un élément d’amélioration des conditions de travail et de fait, d’une meilleure qualité de service. (pour en savoir plus voir tract du 17 octobre 2017)


SÉCURITÉ, UN DÉLITEMENT INACCEPTABLE !

Le premier accident a concerné un salarié de l’entreprise ETF qui s’est fait sectionner le pied par son collègue lors d’un chantier de débroussaillage. Le deuxième est survenu en soirée du 10 octobre sur la ligne de Moret à Lyon : le train commercial 5919 Paris Nevers a heurté un engin de travaux d’une entreprise sous-traitante qui se trouvait aux abords de la voie sans avoir reçu les autorisations réglementaires de sécurité. Le conducteur de la pelle s’en est sorti sans trop de dommages apparents et aucun blessé parmi les voyageurs n’est à déplorer. La veille, sur ce même train commercial, un accident a été évité de peu. En l’espace de deux semaines, nous recensons pas moins de 5 incidents ou accidents importants sur notre réseau ferré dont un « déshuntage » sur la « Virgule de Sablé » (le train invisible pour les installations de sécurité). Les évènements graves en termes de sécurité ferroviaire se multiplient depuis de nombreux mois sans que la direction du Groupe Public Ferroviaire ne prenne véritablement la mesure de la gravité de la situation. Après avoir banalisé les retards et les suppressions de trains, la direction de la SNCF banalise l’abaissement du niveau de sécurité au nom de la réduction des coûts avec son lot de suppressions d’emplois et d’externalisations de la production. La réforme du ferroviaire en 2014 qui devait tout réunifier, creuse finalement un peu plus le fossé entre tous les cheminots de la SNCF. Les dirigeants l’ont bien compris : le management, les moyens, les textes et même la philosophie de la sécurité, sont différents d’un EPIC à un autre, d’une activité à une autre et d’une entreprise à une autre.


Maintenant s’il faut être mathématicien pour être député alors…

D.C.I. sur les Accords Sureté/Agressions

Le 04 janvier dernier, nous vous interpellions sur une des conséquences néfastes de la loi du 04 août 2014. Le sujet portait sur les accords régionaux Sûreté ou accords Agressions qui reprenaient le processus de prise en charge des cheminots victimes d’agression, qu’elle soit psychologique, physique, financière. Comme nous vous l’écrivions, l’éclatement en trois entreprises (EPIC) a fait que ces accords, sans qu’ils aient été dénoncés par l’entreprise, n’ont plus cours dans certaines régions et font place à des accords Sûreté EPIC Mobilités au mieux, ou à une absence d’accord, ce qui est encore plus grave. Dans tous les cas, les cheminots des EPIC Réseau et SNCF sont lésés. Comme nous vous l’avons dit, la sûreté ne peut être abordée que de manière transverse. En effet, la prévention des atteintes porte de façon large sur l’environnement global du service du transport. Nous ne pouvons accepter que des cheminots travaillant côte à côte ne soient pas tous traités et considérés de la même façon. De plus, nous ne pouvons accepter de traiter de la sûreté en écartant les cheminots possédant les compétences pour assurer la sûreté des cheminots, des usagers, des infrastructures. Enfin, récemment, suite à l’interpellation unitaire des syndicats sur l’Occitanie, le RH TER écrivait qu’il avait interpellé vos services pour trouver une solution rapide et qui permette de répondre à nos demandes. Notre courrier étant resté sans réponse, ainsi que nos relances, la Fédération CGT des cheminots vous dépose une Demande de Concertation Immédiate, afin que vous mettiez en place au niveau du GPF les dispositions pour créer les conditions d’élaboration d’un accord avec les Fédérations qui le souhaitent, et ensuite le décliner en région afin que tous les cheminots soient traités de la même façon lors d’une agression.


 LE PROJET DE LOI TRAVAIL ET LES CHEMINOTS

Afin de faire supporter les aléas de production aux seuls salariés, les ordonnances engagent toute une série « d’innovations sociales » que ne manqueront pas d’utiliser les directions ferroviaires, notamment celle du GPF. La possibilité d’allongement des durées de CDD, des contrats intérim et des périodes d’essai, et de création de contrats de chantier, à partir d’accords de branche, entrent dans cette catégorie de dispositifs permettant ce report de risques. Lors de la négociation sur la convention collective ferroviaire, seule la fermeté de la CGT avait permis à l’époque de faire reculer l’UTP sur sa demande de création d’un contrat de chantier. Tous les cheminots, quelle que soit leur entreprise, qu’ils soient au Statut ou de droit privé, sont concernés par ces dispositions. En ce qui concerne la période d’essai, le GPF a déjà une période plus longue pour les jeunes cadres qui doivent effectuer un commissionnement de deux ans et demi, soit un an et demi de plus que les autres catégories de cheminots. Nous mesurons au quotidien les dérives arbitraires et injustes de cet allongement, notamment par l’augmentation des licenciements en fin de commissionnement des jeunes cadres (au bout parfois de plusieurs années dans l’entreprise car de nombreux jeunes cumulent stages, CDD, intérim, alternance avant leur stage d’essai). L’UFCM-CGT dénonce depuis de nombreuses années cette injustice mais la direction refuse de nous entendre. Pour la CGT, cette période d’essai, imposée aux jeunes cadres, est anormalement longue et ne respecte pas la convention n°158 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Si tous les salariés sont directement concernés par ces ordonnances, les premières victimes en sont les jeunes et les femmes. Pour les jeunes, les nouvelles dispositions vont amplifier et prolonger leurs conditions précaires d’entrée dans le monde du travail. Par ailleurs, ces ordonnances risquent de générer des conflits intergénérationnels avec des salariés « âgés », jugés « trop chers », dont la séparation sera financièrement revue à la baisse, et « budgétisable » par la prévisibilité des montants d’indemnités de licenciement à allouer. Aujourd’hui, une entreprise qui licencie dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi ou d’un plan de départ volontaire ne peut recourir à l’embauche. Demain avec la rupture conventionnelle collective, cette obligation disparaît ouvrant la possibilité d’organiser la rupture conventionnelle collective pour 50 séniors et dans le même temps recruter des salariés moins expérimentés pour ainsi faire baisser sa masse salariale. Pour les femmes, la limitation des négociations sur l’égalité et la mixité va figer une situation largement défavorable à nos collègues femmes. L’opacité créée autour des indicateurs mis en place ces dernières années contribuera largement à cette politique rétrograde. Avec ce projet d’ordonnances, c’est toute une architecture économique et sociale qui est mise en place, qui pèsera sur leurs conditions de vie et obèrera la construction des projets de chacun d’entre nous. En l’espèce, le nouveau Président de la République et sa majorité mettent en œuvre un projet de transformation sociale à l’opposé de celui construit par les luttes des salariés soutenues par la CGT. D’où la nécessité pour nos catégories de débattre et construire des réponses et propositions revendicatives à la hauteur des enjeux. (pour en savoir plus voir Perspectives Syndicales n° 98)

Nous contacter

Secteur Fédéral des Cheminots des Services Centraux

14, rue Campra

93210 La Plaine St Denis

Tél. SNCF 38 64 14

Notre adresse mail

cgtchem.centraux@laposte.net

Notre site internet :  http://cgt-cheminots-centraux.reference-syndicale.fr/

 

 

 

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