NIOUZELAITEUR CGT CENTRAUX Bulletin hebdomadaire n° 28 Mars 2017

POUR LA RECONQUETE DE L’INDUSTRIE ET DES SERVICES PUBLICS, PARTOUT EN FRANCE

Depuis plusieurs mois, la CGT, ses organisations sont engagées dans une grande campagne pour la «reconquête de l’industrie » en lien avec les services publics et l’aménagement du territoire. Le 22 février 2017, la CGT a tenu des Assises Nationales de l’Industrie avec 1200 participants, venus de toute la France et de tous les secteurs professionnels afin d’ancrer, dans le temps, cette campagne de reconquête avec une première grande mobilisation interprofessionnelle, le 21 mars 2017. Les enjeux industriels sont étroitement liés à ceux des transports et infrastructures. Les transports sont au coeur de la stratégie capitalistique des échanges mondiaux moteur du dumping social, des délocalisations. Le transport est tellement sous tarifé qu’il n’est même plus un frein aux délocalisations industrielles, multipliant les parcours « parasites » de marchandises et contribue à vider l’emploi des territoires. Nous venons de passer sous la barre des 3 millions de salariés dans l’industrie. Il y a un besoin de changement radical de politique en matière d’industrie en sortant du poids du tout financier. Le cas d’Airbus est démonstratif en la matière ; des carnets de commandes remplis pour 10 ans et plus de 1000 emplois sont menacés de suppressions. Situation similaire avec Alsthom qui engrange les commandes et supprime des emplois avec danger pour l’avenir de certains sites.  (pour en savoir plus voir tract UIT du 8 mars 2017)


 

LOGEMENT

Depuis la création du collecteur ICF Habitat et la perte de maîtrise de l’attribution des logements par le département logement, les cheminots constatent une qualité de service fortement dégradée dans leur parcours logement. La Fédération CGT des cheminots alertée par les attaques des droits des cheminots, accélérées par la réforme du ferroviaire – loi du 04 août 2014 -, a à plusieurs reprises interpellé la Direction SNCF, notamment à partir de 2 demandes d’audiences nationales en 18 mois. Devant le mépris des représentants RH, la CGT a déposé une Demande de Concertation Immédiate.


Ils sont gonflés…

DISCRIMINATIONS, RÉPRESSIONS : L’IMPOSSIBLE BANALISATION

En préambule, la Fédération CGT des Cheminots souhaite adresser ses plus sincères condoléances et apporte son soutien à la famille, aux proches de notre collègue cheminot décédé dans la nuit de vendredi à samedi. Portés par le climat « décomplexé » ambiant, des acteurs politiques et patronaux, rejoints par certains dirigeants SNCF, pratiquent l’anti-syndicalisme débridé, le management par la terreur et se croient libres d’avoir des comportements dénués de toute humanité et de tout respect. Depuis de nombreux mois, la direction SNCF a fait le choix de réprimer celles et ceux qui ne se résignent pas. Ainsi, de nombreux cheminots font régulièrement l’objet de procédures disciplinaires parce qu’ils expriment un désaccord avec la stratégie en cours. Les sanctions deviennent la colonne vertébrale d’un management décidé au plus haut niveau. Cette vision rétrograde du « dialogue social » au service de la casse du service public ferroviaire entraîne inévitablement une dégradation des conditions de vie et de travail des cheminots. Soit elle provoque réactions, colères, tensions dans le collectif de travail, soit elle déshumanise, avilit et isole celles et ceux qui en sont victimes. La Direction de la SNCF porte bien entendu une lourde part de responsabilité concernant la situation globale qui règne dans notre entreprise. Elle démontre chaque jour, à travers ses restructurations incessantes, la casse des collectifs de travail, la suppression d’emplois, l’abaissement des conditions sociales des cheminots, sa volonté d’avancer tous azimuts, quel qu’en soit le prix. Les pressions, d’où qu’elles viennent et quelles qu’en soient les motivations, ne sauraient justifier la banalisation du mal être au travail comme un effet collatéral d’une stratégie ultra libérale, dénuée de règles et sans scrupules. La Fédération CGT des cheminots combattra sans relâche ces déviances comportementales. Nous appelons toutes les cheminotes et tous les cheminots, quel que soit leur grade, à combattre de tels agissements. Notre droit est de travailler dans la sérénité et la sécurité, notre devoir est de faire respecter nos droits.


TÉLÉTRAVAIL: COMPTE-RENDU DE LA TABLE RONDE DU 13 MARS 2017

La direction voit dans le télétravail un enjeu pour accompagner les nombreuses restructurations de l’entreprise. Le piège autour de cette approche est la sous-évaluation des effets concrets en termes de dégradation des conditions de vie et de travail. Le télétravail ne règle pas les tensions, ni les souffrances générées notamment par une pression de la charge de travail sur les collectifs de travail. Le télétravail, lorsqu’il est réalisé au domicile, efface plus encore la frontière vie privée/vie professionnelle. Les gains de productivité en télétravail peut atteindre 22% selon certaines études. La direction poursuit le flou autour du travail dit bi-localisé. En échange, il est demandé au cheminot qui réalise son télétravail dans une gare en région parisienne d’être disponible lors d’une des pointes pour renforcer les métiers de l’accueil dans les gares, sous couvert d’une appellation « volontaire de l’info ». Cette demande est du travail gratuit réalisé pour compenser la suppression d’effectif dans les gares. Inacceptable pour la CGT.  (pour en savoir plus voir compte rendu du 14 mars 2017)


 LOI RELATIVE À LA SÉCURITÉ PUBLIQUE

Au nom du renforcement de la lutte contre le terrorisme, les droits des cheminots à l’instar de leurs collègues de la RATP et de certaines autres entreprises de transport public sont menacés. La loi du 28 février 2017 autorise désormais le licenciement d’un salarié dont le comportement est incompatible avec ses fonctions. Cette mesure vise les salariés affectés à des postes de sécurité dans le transport public de personnes ou le transport de marchandises dangereuses. La possibilité donnée aux entreprises de procéder à des enquêtes administratives ne prévoyait pas les conséquences de celles-ci sur les relations de travail. C’est désormaischose faite: lorsque le résultat de l’enquête montrera que le comportement du salarié concerné est incompatible avec l’exercice de ses missions, l’employeur devra lui proposer un « autre » emploi  non repris dans la liste des fonctions qui seront fixées par décret en Conseil d’Etat. L’étude d’impact de décembre 2016 sur le projet de loi, estime à environ 189 000 le nombre de postes concernés. Pour la SNCF, cela concerne particulièrement les agents de la SUGE, les ADC, les personnels en charge du contrôle et de la commande des installations sécurité…). Si le reclassement s’avère impossible ou si le salarié refuse, l’employeur devra engager à son encontre une procédure de licenciement. La Confédération CGT est saisie du sujet et nous sommes évidemment dans l’attente du projet de décret pour agir.

(pour en savoir plus voir tract du 20 mars 2017)


On gagne du temps…

LA CGT NE SIGNERA PAS L’ACCORD FORFAIT-JOURS !

L’étude de la Direction des Audits et des Risques et celle commandée par le CCGPF font état de situations anormales pour beaucoup de cheminots de l’encadrement. Durant 12 tables rondes, la DRH a pourtant refusé d’examiner les volets emploi et organisation collective du travail. Dès le début de la négociation, la direction a bien cadré les limites de l’exercice. En effet, la signature du volet temps de travail par la CFDT et l’UNSA de la toute nouvelle convention collective lui permet de mettre en place le forfait-jours dans l’entreprise même sans accord. C’est d’ailleurs ce qu’elle a menacé de faire en décembre après 11 tables rondes infructueuses. Ce faisant, elle exerce un véritable chantage en proposant quelques avancées accordées sous condition de signature. Plusieurs mois de négociation et deux études aux résultats convergents n’auront pas conduit la direction de la SNCF à sortir de son obstination. Son refus de prendre en compte la réalité quotidienne de son encadrement, ne serait-ce que la prise en compte des difficultés de l’encadrement à prendre ses repos, fait la démonstration que l’objectif recherché n’était pas l’amélioration de la qualité de vie et de travail des agents de maîtrise et des cadres, mais de garantir la sécurité juridique du top management. Si des avancées ont été apportées aux projets d’origine par l’activité syndicale CGT, des éléments fondamentaux présentent des risques incontestables sur la santé et la sécurité des cheminots des 2e et 3e collèges. (pour en savoir plus voir tract du 13 mars 2017)


 

PETITS COLLECTIFS ou REDIMENSIONNEMENT DE LA MAÎTRISE ?

L’entreprise mène une réflexion dans toutes ses activités et domaines afin de résoudre une problématique qui a vu de multiples solutions au fil des années : l’adéquation entre la taille acceptable d’une entité de travail (humaine et géographique) et la charge de travail. La direction justifie le projet « Petits collectifs » afin de pallier les difficultés liées aux conditions de travail des agents qui se traduisent par une perte d’efficacité productive et de qualité du service rendu. Mais plus largement c’est toute la Maîtrise que la direction veut redimensionner. Depuis le début des années 90, les Directions d’Etablissement ont été forcées de réorganiser l’encadrement des équipes sous un double diktat. En premier celui de la productivité. Mais il leur a fallu aussi décliner localement la grande décision celle de la transformation du pilotage par activité en découpage par activité : la création des EIC l’illustre parfaitement. Parallèlement, le mouvement de 1995 avait conduit M. Gallois lui-même à décider de la création du DPX. Cette fonction, rattachée à aucun grade du dictionnaire des filières et donc de la grille de rémunération a permis à chaque activité ou domaines de réaliser sa propre cuisine interne pour assurer le «management» des agents. Ces nouveaux maillons de la chaîne hiérarchique à trois niveaux (DPx, DUO et DET) remplaçaient les cinq niveaux qui les précédaient. Ce dispositif rencontre maintenant des problématiques diverses mais réelles: l’élargissement des périmètres géographiques des équipes pour lesquelles le dirigeant n’a plus de proximité que le nom, le fort renouvellement d’une population maîtrise qui possède le savoir-faire et le contenu technique de la production ferroviaire, le déroulement de carrière qui se heurte au faible taux de réussite à l’examen de la qualification E. Pour traiter ces problémes, la direction fait une proposition de «formations qualifiantes», pour atteindre la qualification E (sans pouvoir prétendre à un déroulement sur la qualification F, sauf obtention plus tard du Pré Requis Cadre). La grande innovation, c’est que la direction choisit, les agents qui peuvent accéder à cet accélérateur de carrière. Cette initiative converge avec la mise en place de petits collectifs qui vise à renforcer les collectifs de travail de manière à « responsabiliser » les agents en développant cohésion et solidarité au sein de l’équipe, à adapter les tâches des futurs encadrants de proximité (les Chefs d’équipe) qui interviendront à la tête d’un groupe de taille plus réduite et de manière  « synchrone » (c’est-à-dire suivant les mêmes horaires de travail) avec leurs agents, afin qu’ils puissent mieux se consacrer à l’animation et au soutien de leur équipe. Pour la CGT, ce ne sont pas les quelques saupoudrages en notation qui vont satisfaire les cheminots, c’est bien toute l’organisation de la production, quel que soit le service, qui doit être remise en cause. (pour en savoir plus voir Perspectives Syndicales de Février 2017)

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Secteur Fédéral des Cheminots des Services Centraux

14, rue Campra

93210 La Plaine St Denis

Tél. SNCF 38 64 14

Notre adresse mail

cgtchem.centraux@laposte.net

 

 

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